Jean Mauclère

Fort-Boyard (1934)

Résumé

Jean Mauclère Fort-Boyard (1934)

Fertier courut mettre en deux mots sa femme au fait de ce qui se passait. Les fourneaux confiés à Alice et à la bienveillance céleste, quelques minutes plus tard l'hôtelier s'installait dans le cabriolet, qui bondit comme un cheval heureux de rentrer à l'écurie.
Le ciel était bleu, d'un bleu de rêve, sans violence, d'un bleu candide portant à la confiance. La voiture, souple et confortable, roulait sans bruit entre les champs d'où montait l'odeur lente et douce des herbes séchées par le soleil et des fleurs moissonnées. L'aubergiste estima que la vie était bonne.
Source : Gallica

Jean Mauclère Fort-Boyard (1934)

Frédéric ! murmura la pauvrette en étanchant les larmes qui détendaient ses nerfs, j'ai eu si peur pour toi !
— Peur de quoi ? demanda Viert, la voix brève soudain.
— Mais d'un accident ! répondit Alice surprise et troublée. Une mer démontée, un canot si étroit... oh ! méchant ! Pourquoi es-tu sorti par ce temps ? Je craignais...
— Enfantillages ! coupa le peintre tout net en se jetant sur un fauteuil.
Il choisit une cigarette dans son étui d'or niellé et continua :
— Je n'aime pas que tu t'occupes ainsi de moi. Surtout quand la raison de mon absence est si simple.
Source : Gallica

Jean Mauclère Fort-Boyard (1934)

Maintenant, sentant peu à peu disparaître, avec son insouciance de naguère, le sentiment de sa sécurité, elle était prête à défendre son bonheur en même temps que celui de son mari. Elle s'approcha de Frédéric, lui prit le bras, s'y appuya, câline, et murmura :
— Peux-tu me parler ainsi, mon chéri ? Ne dois-je pas partager ta vie, toute ta vie ?
— Eh bien, grommela Frédéric, ne la partages-tu pas ?
— Ta vie... mon aimé, je n'en connais rien !
Elle abaissa les paupières pour contenir ses larmes. Mais
Viert n'était pas homme à fléchir devant les pleurs de sa femme.
Source : Gallica

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