Maurice Leblanc,
Contes héroïques
“ As-tu toujours les mêmes motifs d’être malheureuse ? Tu aimais ton fils comme j’aimais le mien, follement. Si ta douleur n’est pas pareille à la mienne, n’est-ce pas parce que la cause de cette douleur a disparu ? — Quoi ? Que veux-tu dire ? s’écria Jeanne. Quelle peut être ton idée ? — Mon idée, prononça Mathilde avec force, c’est qu’une mère comme toi serait toute différente, serait ce qu’elle a été d’abord, si elle n’avait pas reçu quelque nouvelle qui lui permette de penser à son fils comme on pense à quelqu’un qui n’est peut-être pas mort. ”
