Maurice Leblanc,
Les Lèvres jointes
(1899)
“ Et puis, en vérité, s’écria Philippe, qu’espérions-nous ? Que nous nous jetterions dans les bras l’un de l’autre comme des amoureux ? Fous que nous étions ! Mais l’amour, c’est d’abord, et avant tout, le désir des corps, c’est cela et pas autre chose... Le reste, l’harmonie des âmes, l’analogie des goûts et des aspirations, ce n’est qu’un tas d’ornements, d’excitations, de supercheries. Or, si belle que vous soyez, le désir que j’aurais pour vous ne pourrait être que le désir injurieux que vous inspire une jolie fille rencontrée. Non, vraiment, Armande, je ne vous connais pas. ”
