Charles Arthur Gauvreau

Charles Arthur Gauvreau

Résumé

Portrait de Charles Arthur Gauvreau Charles Arthur Gauvreau Captive et bourreau (1883)

Un instant j’ai cru ensevelir le passé sous l’immense joie en voyant Fleur-du-mystère m’appeler son père et me combler de caresses. Comme mon cœur palpitait de sincère ivresse alors ; mais hélas ! une heure a tout détruit. Le remords a repris son empire avec la sombre passion de la jalousie, depuis qu’elle m’a avoué l’amour de Laurent. C’est un enfer pour moi que cette pensée : « elle l’aime ! » Cet amour de Laurent sera la clef qui fera tout connaître à Fleur-du-mystère. La Chouette se vengera, car il ne serait pas un digne enfant des bois, et Bison-des-Plaines a épousé son affront.
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Portrait de Charles Arthur Gauvreau Charles Arthur Gauvreau Captive et bourreau (1883)

Mon âme s’y perd. Eh ! quoi ! après tant de souffrances, de privations et de tortures morales, j’arrive au foyer que pour y trouver un cœur mort, une intelligence éteinte, une âme incapable de me comprendre, un berceau vide. Oh ! Dieu ! quel vent de malheur et de malédiction a soufflé sur cette maison ?
C’est bien le temps de dire avec le poëte : « La froide réalité a frappé de mort les doux rêves qui berçaient ma vie. »
Alexandrine !... elle me regarde et ne tombe pas dans mes bras ; Ô ciel ! ayez pitié de ma douleur. Il me semble qu’une lame froide et acérée me transperce l’âme.
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Portrait de Charles Arthur Gauvreau Charles Arthur Gauvreau Captive et bourreau (1883)

En effet, Alexandrine se levait ; non ce n’est pas mon Armande, car mon cœur ne s’est pas réchauffé, lui qui a froid, privé de sa vie, et de son amour, mon Armande. Pourquoi me l’ont-ils enlevée, les sans cœur. Ne savaient-ils pas qu’un enfant est une partie de la mère, et qu’en me ravissant mon Armande ils me laissaient, sans vie, brisaient mon pauvre cœur meurtri ?
Il y eut des sanglots et des larmes parmi les quelques assistants. Comment voir cette pauvre mère, cette « Mater dolorosa, » demander à grands cris son enfant, sans se sentir ému jusqu’à l’âme ?
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