Résumé

Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Les Heures de mystère (1896)

À moi aussi, les hanches, grand calice où le désirs bourdonnent.
— Je t’aime, disais-je au corps, je t’aime, être vivant qui reçois ma vie et qui me rends la tienne.
Je l’aimais infiniment et rageusement. Je ne concevais pas d’autre joie. Et, néanmoins, il me parut à la longue qu’il n’avait point d’âme et que c’était simplement de la vie, de la vie accumulée devant moi en un bloc superbe. Ainsi peu à peu j’aspirai au secret du visage qui se dérobait toujours derrière le mur de ses voiles. Et je la suppliais.
— Aime mon corps, gémissait-elle, je t’aime tant d’aimer mon corps...
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Les Heures de mystère (1896)

J’avais senti que c’était le silence de la mort.
Ma folie date de là. Je me le dis alors : « Voilà que je suis fou. » Il était mort, tout seul, de lui-même. Je n’osais bouger. Mes yeux se renouaient aux siens. Puis le bruit de l’espace recommença. Je perçus le tic-tac de la pendule. Et surtout mon cœur se mit à retentir. C’était la grosse cloche du mort qui sonnait dans ma poitrine, à toute volée.
J’avais peur, formidablement peur. Et je reconnus que c’était sa peur à lui. Oui, inoccupée maintenant, elle passait en moi, et elle se manifestait par les mêmes symptômes.
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Portrait de Maurice Leblanc Maurice Leblanc Les Heures de mystère (1896)

Nature stupide ! l’homme ne peut donc pas naître vierge de toute empreinte, ne dépendre que de lui, de ce qu’il apprendra, de ce qu’il fera ! Pourquoi ces dépôts de vase où germent les plantes qui l’empoisonneront ?
Père, père de mon père, vous ne pouviez donc pas mourir entièrement ! Avec l’amour de la vie, pourquoi me léguer, plus puissant, l’amour de la mort ?
L’eau me glace les pieds. Elle monte. Je ne bouge pas. Elle est paisible. Elle me bercera.
Qu’elle est froide, mon Dieu ! J’ai peur, tout de même. Je souffrirai trop. Instinct mortel, tu m’as vaincu.
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