Résumé

Émile Bayard La pudeur dans l'art et la vie… (1904)

Le baise-main, encore, reflet d'une grâce surannée, demeure un geste délicat pourvu que la main soit douce à des lèvres jolies.
Cet effleurement du baiser, à l'épiderme, inspire étrangement à l'homme le respect, tandis qu'il rappelle la femme à la pudeur — l'émotion des deux est distinguée.
De même, le regard insistant de l'homme qui fait baisser les paupières de la vierge, semble une caresse à son être, si douce, qu'elle rougit à la pensée de cette presque réalisation de l'amour possessif.
Le frisson du printemps dont parle le poète, n'est autre qu'un désir éclos à la caresse du soleil.
Source : Gallica

Émile Bayard La pudeur dans l'art et la vie… (1904)

L'amour est le roi des jeunes gens et le tyran des vieillards écrivit, non sans amertume Louis XII, ce à quoi E. Legouvé, nonagénaire, répond sagement : La pudeur de la vieillesse est de la dignité !
La chasteté donc, dans la vieillesse, serait mieux une juste retenue, davantage un respect des autres, l'art de sourire avec assez d'esprit pour ne point insister sur les dents qui manquent à l'intention de la bouche, reflet d'une bouche où fleurit naguère le baiser!
D'autant que la chasteté n'est point toujours un corollaire de l'innocence : c'est le fruit d'une éducation
Source : Gallica

Émile Bayard La pudeur dans l'art et la vie… (1904)

L'éveil de la Pudeur point à l'aurore du sexe, la puberté rosit les fronts, le corps tressaille lorsqu'il est en fleurs prêter à être cueillies, il cache son parfum de chair.
Les artistes, de tous temps, vinrent respirer à cette gerbe embaumée du désir refréné, endormi au sein des corolles liliales : l'Innocence, la Candeur, l'Ingénuité, la Vertu, l'Amour et son aveu, le baiser chaste, mêlèrent leur haleine de volupté qui se refuse et, les artistes fixèrent le geste divin, leurs doigts
La pudeur exquise sonne l'alarme de l'amour...
Source : Gallica

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