Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère Le braconnier de la mer (1923)

D’un geste, le pêcheur arracha sa veste, avec laquelle il obtura hâtivement les trous du vivier. Puis, indifférent aux ondées qui le cinglent par intervalles, au vent qui colle à son torse la grosse chemise mouillée de pluie et de sueur, Damase, à grands efforts, pousse à la mer son canot. Celui-ci, dès qu’il est à flot, se cabre comme un cheval rétif ; il ne faut pas penser à hisser un pouce de toile, et l’on risque de chavirer dix fois pour une sur un méchant raffiot qui n’a ni pont ni caissons à air. N’importe ! la mer, le danger, les bourrasques, cela connaît le braconnier.
Source : Gutenberg

Jean Mauclère Le braconnier de la mer (1923)

Dans l’âme du pêcheur, une tempête bouillonne, qui met en déroute son esprit, bouleversé déjà par les émotions de ces temps derniers ; le vieillard, une seconde, hésite, saisi par tant de sentiments contraires qu’il ne sait plus que penser. Mais alors, sans y paraître toucher, la petite mariée tranche la situation : elle pousse doucement le bonhomme qui tombe, vaincu, ravi de sa défaite, dans les bras de sa fille, de cette Josine qu’il avait maudite avant que la bonté de Madeleine, la candeur d’Annie, n’aient refait un chrétien du braconnier de la mer.
Source : Gutenberg

Jean Mauclère Le braconnier de la mer (1923)

Les périls, ils les affrontent chaque jour, et dans quelles conditions tragiques ! Aussi le chant jaillissait-il avec conviction des lèvres rudes, et le braconnier, agité par une sourde émotion, s’appliquait à cette tâche vénérable et nouvelle, à laquelle il mettait tout son cœur.
Le dernier verset s’évanouit au ciel clair : l’abbé Parand asperge d’eau bénite les diverses parties de la barque ; ensuite il répand sur chaque côté de la Sainte-Madeleine, à sa poupe et à sa proue, le sel et le froment bénits, l’un, signe de conservation et de longue vie ; l’autre, d’abondance et de prospérité.
Source : Gutenberg

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