Jean Mauclère, Le braconnier de la mer (1923)
“ D’un geste, le pêcheur arracha sa veste, avec laquelle il obtura hâtivement les trous du vivier. Puis, indifférent aux ondées qui le cinglent par intervalles, au vent qui colle à son torse la grosse chemise mouillée de pluie et de sueur, Damase, à grands efforts, pousse à la mer son canot. Celui-ci, dès qu’il est à flot, se cabre comme un cheval rétif ; il ne faut pas penser à hisser un pouce de toile, et l’on risque de chavirer dix fois pour une sur un méchant raffiot qui n’a ni pont ni caissons à air. N’importe ! la mer, le danger, les bourrasques, cela connaît le braconnier. ”
