Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère,  La fille du Haff (1927)

“ Et Meïlyté sourit à son rêve : j'aime, pense-t-elle, le plus beau, le plus digne, celui qui est venu des pays lointains apportant avec lui sa civilisation raffinée...
Ici la jeune fille s'arrête : plus il est grand, plus elle se sent petite et modeste ; vraiment, serait-il possible que l'officier l'aimât un jour ? Laissera-t-il prendre son âme sur la terre étrangère par une femme qui n'a à lui donner que sa tendresse ?
Un frisson secoue la jeune fille, comme si la bise âpre de la réalité soufflait, pour l'effeuiller, sur la fragile fleur de son amour.
”
Source : Gallica

Jean Mauclère,  La fille du Haff (1927)

“ Si longuement avait songé Meïlyté, la petite amoureuse aux tresses d'or, dans la solitude de sa chambrette virginale, qu'elle avait fini par trouver, lui semblait-il, le moyen de séparer Gérard de la Juive. Oh ! certes, poursuivant ce but, la jeune fille n'espérait rien pour elle-même, elle ne comptait nullement que l'officier, détaché de ce sentiment, pût se tourner tendrement vers elle ; mais du moins aurait-elle fait tout ce qui était en son pouvoir pour sauver celui qu'elle aimait d'une union où il ne pourrait trouver que honte et malheur. ”
Source : Gallica

Jean Mauclère,  La fille du Haff (1927)

“ S'étant assurée que le croiseur était toujours devant Klaipéda, elle avait, la pauvrette, espéré jour après jour la venue de Gérard ; chaque soir lui semblait plus triste, c'était un voile de deuil, d'un crépuscule à l'autre épaissi, qui s'appesantissait sur le Haff, sur le cœur de Meïlyté. Elle avait, à chercher la raison qui détournait l'officier de venir à Juodkranté, passé des nuits cruelles. Quand elle le vit là, tout près, devant elle, et lui souriant comme naguère, sa maîtrise de soi faillit lui échapper dans un cri de bonheur. ”
Source : Gallica

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