“ Il y a là des beautés qui ne sont que des mirages, des merveilles qui ne sont que des vertiges ; l’enfer est sous les pieds, la voûte de la tombe s’étend partout sur la tête, et on erre là ainsi qu’une forme humaine qui a laissé son âme à la porte. J’ai horreur de la nuit, et, si je ne vous eusse cherchée dans ces ténèbres, j’y serais devenu fou. Oui, Sarah, oui, ce n’est pas une métaphore ; ma vie sans vous est comme cet abîme, tout y est mort, il n’y a pas une fleur, pas un brin d’herbe, pas un rayon. Ramenez-moi au soleil ; aimez-moi, ou je n’aimerai jamais, et je mourrai sans avoir vécu. ”
George Sand
Résumé
"Malgré tout", œuvre de George Sand, explore les tensions entre amour, art et devoir familial à travers les destins entrelacés d’Abel, Sarah, Adda et Ortosa. Ce roman, publié en 1853, mêle réflexions sur la musique et la création artistique à des dilemmes émotionnels, comme le conflit entre passion et obligations.
Les dialogues intenses et les thèmes de l’abandon ou de la recherche de vérité y résonnent, illustrés par des scènes mémorables, comme le monologue de Sarah exprimant son dévouement envers Abel. L’œuvre, marquée par une prose lyrique, révèle les ambiguïtés de l’amour et la lutte pour l’authenticité dans un monde en mouvement.
Citations de Malgrétout (George Sand)
“ En vérité, monsieur Abel... — En vérité ! mademoiselle Sarah, s’écria-t-il, vous croyez peut-être dire ce que vous pensez, mais vous mentez horriblement ! Dans ce moment-ci, moi, le sincère passionné, je suis dans le vrai, et vous n’y êtes pas. Ce que je sens en moi est la révélation de l’amour : une révélation est aussi vraie au bout de vingt-quatre heures qu’au bout de vingt-quatre siècles. Le jour où j’ai senti la révélation de la musique, je ne me suis pas dit « : Nous verrons demain s’il est vrai que tu aies le besoin et la volonté d’être artiste. » ”
“ Aujourd’hui, tu as vu M. de Rémonville ; demain, tu l’examineras après-demain, tu l’aimeras, et tu n’aimeras plus ni père, ni sœur. Tu seras toute à l’étranger, au fiancé, au ravisseur, à l’ennemi de la famille. Tu t’en iras, tu ne nous écriras plus que pour nous parler de ce monsieur, et des enfants et des nourrices, ou des voyages et des plaisirs pris avec délices loin de nous et sans nous. Enfin te voilà perdue, morte pour moi ; je vais me trouver seule au monde, car notre père est encore jeune, et Dieu sait s’il ne songera pas à se remarier. ”
