Jean Mauclère

Résumé

Jean Mauclère Caravelles au large (1949)

L'écrivain Sajot passa dans les formes l'acte, que Marie signa d'une main aussi résolue que son époux. Un peloton de matelots, pot en tête et demi-pique au poing, rendaient les honneurs sous les ordres de Pinzon, dont la rapière dégainée luisait comme son corselet d'or.
A l'élévation, les bombardes tonnèrent et les piquiers mirent un genou en terre, tandis que, rangé aux lisses et dans les haubans, le reste de l'équipage poussait de vigoureuses acclamations. La mer brasillait de paillettes lumineuses, semant son manteau bleu-vert où flottait, par endroits, l'ombre mauve d'un nuage.
Source : Gallica

Jean Mauclère Caravelles au large (1949)

Merci, amiral. C'est bien honnête de votre part; mais je ne veux point de ce commandement-là.
— Eh quoi ! vous refusez, l'ami ? Etre son maître sur un bateau qui va et vient à votre guise, c'est un fier destin, cependant !
— Je sais, amiral; mais il ne me tente point.
— Alors, que souhaitez-vous ?
— Seulement de rester votre second sur l'Etoile-de-la-Mer. D'être votre valet de manœuvres, comme vous avez dit un jour de l'Espagnol. Moi, d'être le valet où Jean Cousin est le maître, c'est mon seul rêve au monde.
Source : Gallica

Jean Mauclère Caravelles au large (1949)

Pour le maître d'équipage, les moindres mots de son capitaine étaient sacrés. Les appels stridents fusèrent dans l'air, et les matelots crochèrent les manœuvres des voiles; sans beaucoup d'ardeur, certes, mais n'osant faire résistance ouverte. En même temps, Jean Cousin prenait la barre aux mains de son pilote.
Et il attendit.
Comme lui, tous attendirent, anxieux de ce qui allait se passer — tous, sauf maître Goujard. Celui-ci, dans sa chambre, disséquait un oiseau paille-en-queue des tropiques, tombé au matin sur le navire : pour le savant le monde n'existait plus.
Source : Gallica

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