Gabriel de La Landelle,
L'Âme et l'ombre d'un navire, par G. de La Landelle…
(1861)
“ D'UN NAVIRE 55 — Nous louchons !... Nous sommes perdus!... le navire talonne! Un sommeil affreux, le sommeil de l'opium, paralysait les forces de Maurice. Il veut se raidir, il chancelle ; il veut parler, sa langue se refuse à lui obéir; il ouvre les yeux, ses yeux se referment malgré lui. L'instinct marin,le sentiment du devoir, semblent tout à coup prendre le dessus, tant est puissante son énergie. Requin grogne sourdement et apprête son harpon, Biflard tremble, Brassinet pâlit, et, voyant s'approcher les gens de l'équipage, il porte la main à un coutelas caché sous ses vêtements. ”
