“ Il y eut un silence entre nous, puis Mme de Sesse s’écria soudain avec véhémence : — Que la vie est torturante ! Peut-être ai-je une fille de par le monde qui est esclave d’un métier dangereux ! Je la regardai, comme si je la voyais tout d’un coup prise de folie. — Madame, m’écriai-je en tremblant, que dites-vous là ? Son visage était caché par ses deux mains, puis elle le dégagea et murmura : — Pardon ; par moments, je rêve tout haut. Je pense tellement à ma pauvre petite fille, que je m’imagine qu’elle grandit, qu’elle devient une jeune fille. ”
Marthe Fiel
Résumé
Marthe Fiel, dans L’Ombre s’efface, tisse un récit marqué par des passions intenses et des secrets familiaux, où les personnages principaux — Hervé, Mme de Sesse, Jacques, Clarisse — évoluent entre amour, jalousie et découvertes. Les thèmes de la maternité, de la trahison et de l’identité s’entrecroisent dans un décor de salons aristocratiques et de conflits personnels.
L’œuvre met en évidence la fragilité des relations humaines, illustrée par des dialogues pleins d’émotion, comme celui où Mme de Sesse murmure : « Que la vie est torturante ! » La structure narrative, rythmée par des révélations inattendues, souligne les tensions entre réalité et illusion, dans une quête de vérité qui finit par dévoiler les apparences.
Citations de L’Ombre s’efface (Marthe Fiel)
“ Ah ! maintenant, je n’étais plus la fille de n’importe qui ! Une joie folle déferlait en moi. Tout à coup, M. de Sesse entra. — Horace ! cria sa femme avec un accent vibrant, voici notre fille ! Il s’arrêta, croyant à un accès de démence de la part de sa femme. Elle expliqua : — Non, ne me croyez pas l’esprit dérangé. C’est bien notre enfant, Christine de Sesse, que vous avez devant vous. Mon père pâlit et chancela. — Oui, dis-je, vous saurez tout... J’ai rencontré Ursule, la tante d’Amélie, qui m’a avoué l’infamie de cette fille, qui d’ailleurs en a été terriblement punie sans tarder. ”
“ J’ai naturellement beaucoup songé à Janine, ce soir. Je la voyais évoluer dans ce milieu, mais j’ai été presque consolé par le changement remarqué en son fiancé. Aurait-elle été heureuse ? — C’est le secret du destin, murmurai-je. — Sans doute, mais ce qui m’a puissamment aidé aussi, c’est votre amour, ma chère aimée, qui se place au premier plan de ma vie et qui me rend l’existence moins amère. Mon mari me serra sur son cœur et je lui murmurai : — Que les heures me sont belles, quand je pense à la réalité ! Souvent, je me figure que je rêve et que je vais me réveiller chez la femme Nébol. ”
