“ Je vous le dis, ma sœur, et vous finirez par l’éprouver, madame de Vernon est une personne d’un agrément irrésistible. J’ai connu des femmes piquantes et spirituelles ; je comprenais facilement, quand elles parlaient, comment on était aimable comme elles, et si je l’avais voulu, j’aurais réussi par les mêmes moyens ; mais chaque mot de madame de Vernon est inattendu, et vous ne pouvez suivre les traces de son esprit, ni pour l’imiter ni pour le prévoir. Si elle vous aime, elle vous l’exprime avec une sorte de négligence qui porte la conviction dans votre âme. ”
Vernon
Définition et enjeux
Vernon, localité située sur la Seine, sert de décor ou de personnage central dans diverses œuvres littéraires. Madame de Staël le présente comme un lieu de rencontres et d’émotions complexes, tandis que Marthe Fiel en évoque la tranquillité paysanne. Auguste Arnould y explore des dilemmes éthiques, et Gustave Flaubert y projette des souvenirs personnels.
Ces approches, mêlant géographie, psychologie et réflexion morale, révèlent une richesse d’interprétations. Le thème de Vernon s’inscrit ainsi dans un réseau de lieux et de figures historiques, comme Évreux ou le duc de Penthièvre, illustrant son rôle dans la culture française.
Citations sur “Vernon”
Auguste Arnould, La roue de fortune (1842)
“ Vernon, admis chez madame Dercy, n'usa de la permission qui lui était accordée qu'avec une extrême réserve et de manière à ne jamais compromettre, même auprès des plus malveillants, la réputation d'Emilie. Mais ils étaient jeunes tous deux, ils s'aimaient. Vernon sentit plus d'une fois sa vertu chanceler; il vit que l'épreuve, en se prolongeant, deviendrait peut-être au-dessus de ses forces. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Chaque fois que je passe par Vernon, je me penche à la portière machinalement pour vous voir sous le débarcadère ! J’ai déjà perdu tant d’affections, cher ami, je compte tant de morts, en terre et sur terre, que je tiens au peu qui me reste, et je me raccroche à mes souvenirs comme d’autres à leurs espérances. ”
Germaine de Staël-Holstein,
Delphine, par Mme de Staël. Nouvelle édition…
(1869)
“ Madame de Vernon vint me demander à dîner. Une, demi-heure après son arrivée, comme j'étais appuyée sur ma. fenêtre, je vis dans mon avenue cette voiture bleue de Léonce qui m'était si bien connue; un tremblement affreux me saisit; je crus qu'il venait avec sa femme accomplir son barbare cérémonial; j'étais dans un état d'agitation inexprimable ; je regardai madame de Vernon, et ma pâleur l'effraya tellement, qu'elle avança rapidement vers moi pour me soutenir. Elle aperçut alors cette voiture que je regardais fixement, sans pouvoir en détourner les yeux. ”
Germaine de Staël-Holstein,
Oeuvres complètes de Mme la baronne de Staël…
(1838)
“ Je vous le répète, ma chère nièce, on ne peut arracher madame d'Albémar à l'empire de madame de Vernon. Je l'ai souvent remarqué en vivant dans leur société, madame de Vernon met beaucoup d'intérêt à captiver Delphine ; elle est avec elle fière, sensible, délicate; elle rend hommage au caractère de son amie, en imitant toutes les vertus pour lui plaire. Moi, je ne puis ni ne veux me montrer autrement que la nature ne m'a faite, bonne et raisonnable, mais point du tout exaltée : je vaux mieux réellement que madame de Vernon ; Delphine a tort de ne pas s'en apercevoir. ”
“ Mon tuteur, assez fatigué de moi parce que je n’avais point de fortune, vint me dire un matin qu’il fallait épouser M. de Vernon. Je l’avais vu pour la première fois la veille ; il m’avait souverainement déplu. Je m’abandonnai au seul mouvement involontaire que je me sois permis de montrer en ma vie ; je résistai avec assez de véhémence ; mon tuteur menaça de me faire enfermer pour le reste de mes jours dans un couvent, si je refusais M. de Vernon ; et comme je ne possédais rien au monde, je n’avais point l’espoir de m’affranchir de son despotisme. ”
Marthe Fiel, L’Ombre s’efface (1955)
“ Je me plus à jouir de la sérénité de la campagne. Je redevins gaie. Nous arrivâmes rapidement à Vernon, où mon mari s'acquitta de la démarche qu'il avait à y faire. Je n'avais pas voulu l'accompagner chez le personnage savant qu'il devait voir, préférant marcher un peu au hasard, dans la ville. Je vis une église ravissante de style gothique, avec un portail comme une dentelle, le vieux pont si célèbre et les belles allées d'arbres menant au château de Bizy. La Seine séparait Vernon de Vernonnet où l'on voyait les tours du vieux château fort, devenu une prison. ”
Les enfants peints d'après nature (1850)
“ Ah ! mon Dieu ! s'écria Paul en se serrant tout-à-coup contre son père. — Allons, qu'y a-t-il? demanda M. Vernon avec inquiétude. —Je n'en sais rien. —Tu n'as pas honte de crier ainsi sans raison. —Oh ! non pas sans raison : Ne voyez-vous rien là, sur ce monticule? Le colonel regarda dans la direction indiquée par son fils. A travers le crépuscule, il crut apercevoir un être informe qui étendait de gros bras. —C'est un ours, dit Paul, sauvons-nous. M. Vernon retint l'enfant par la main. ”
Auguste Arnould, La roue de fortune (1842)
“ Vernon, si noble, si généreux ; Vernon, qui l'avait respectée, n'avait peut-être éprouvé que de la pitié pour sa faiblesse, et quand il avait ressenti près d'une autre femme un amour véritable, cette vertu rigide s'était laissé vaincre facilement. — Eh bien, Emilie, dit enfin madame Dercy, que pouvez-vous répondre à un tel témoignage? — Rien, madame, rien que je puisse prouver. Il y a au fond de la conscience de chacun des choses mystérieuses que Dieu seul connaît. ”
“ Je puis vous écrire pendant que madame de Vernon essaye de se reposer ; on lui a expressément défendu de parler, ce qui m’oblige à m’éloigner souvent d’elle. Votre intérêt sera douloureusement captivé par le récit de la conduite qu’elle tient ; vous serez aussi, je le crois, frappée de la singulière lettre qu’elle m’a écrite ; je vous l’envoie, en vous priant de me la conserver. Oh ! que le cœur humain est inattendu dans ses développements ! ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Vernon, assis par hasard derrière un pan de mur, avait reconnu leurs voix, et, sans se montrer, entendu toutes leurs paroles. Les deux jeunes gens demeurèrent étourdis et presque consternés de cette rencontre imprévue. Le vieillard se hâta de les rassurer. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Ceux qui dorment ici sont morts pour la Patrie, Sans reproche et sans peur, tous frappés par devant; Leurs frères ont comme eux, en exposant leur vie, Aux portes de Vernon retardé l'Allemand. Vernon se souviendra des enfants intrépides,' Soldats improvisés en un jour de danger, De l'Ardèche venus, bravant des temps arides, A la voix du Pays, combattre l'étranger. ”
“ Quel tableau cependant que celui dont j'étois témoin! un rapprochement singulièrement remarquable en augmentoit encore l'impression; je venois d'apprendre par madame de Vernon elle-même, qu'elle avoit les plus grands torts à se reprocher envers madame d'Albémar; et je réfléchissois sur l'enchaînement de circonstances qui donnoit à madame de Vernon, si accueillie, si recherchée dans le monde, pour unique appui, pour seule amie, la femme qu'elle avoit le plus cruellement offensée. ”
Germaine de Staël-Holstein,
Delphine, par Mme de Staël. Nouvelle édition…
(1869)
“ Dès que madame de Vernon eut fini de parler, le prêtre se mit à genoux, et, baisant la croix qu'il portait sur sa poitrine, il dit avec un ton solennel qui me parut dur et affecté : « Malheur à l'homme qui veut sonder les voies du Christ, et méconnaître son autorité! malheur à lui s'il meurt dans l'impénitence finale ! » Et faisant signe à Mathilde de le suivre, ils s'éloignèrent tous les deux clans le plus profond silence. ”
Auguste Gilbert de Voisins,
Les miens
(1926)
“ Vernon représentait chez nous le lyrisme en ce qu’il a de plus élevé, de plus céleste. Il se nourrissait des œuvres de Keats et de Shelley, ne quittant guère ces demi-dieux que pour tenir commerce avec Eschyle et Pindare. Cela lui formait une assez agréable compagnie. Il nous donnait régulièrement des odes et de grands poèmes où l’étoile, la flamme, la vague et la nuée fraternisaient, conversaient de plain pied, si l’on peut dire, mais ces effusions sincères, qu’il mettait tout son cœur à déverser, jamais il ne put se résoudre à en relire le brouillon, à en revoir les épreuves. ”
Auguste Arnould, La roue de fortune (1842)
“ Plus que personne Emilie pouvait apprécier l'honneur de Vernon; les combats qu'elle avait soutenus contre elle-même lui donnaient la mesure de la force qu'il avait fallu à son amant pour résister à la tentation d'une faute, mais ce qui devait la rassurer était aussi ce qui redoublait son incertitude. ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Pour revenir au vieux Vernon, c'est un bonhomme très-extraordinaire, qui est frugal comme un loup dans les bois, et généreux comme un seigneur devrait l'être. Il n'a envie de rien, à ce qu'il dit du moins, il ne va voir personne, il vit comme un ermite, il va se promener dans les bois ; il revient tout chargé d'un tas de petits cailloux et les range méthodiquement dans sa chambre à coucher. Il ramasse des médailles de cuivre, d'argent, de bronze, qui représentent Numa, la nymphe Égérie, Louis XIV, Vercingétorix, le consul Titus Manlius Torquatus ou Sardanapale. ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Vous parlez de gagner l'amitié de M. Vernon. Je ne veux pas médire d'un vieillard pour qui vous paraissez avoir tant d'estime et qui la mérite à si juste titre; mais.... — Attention! dit tout bas Sigismond à son voisin Olivier. La vipère va siffler. — ....Mais, continua Isidore Borel d'une voix sourde et grave comme s'il avait eu quelque devoir à remplir envers le genre humain, M. Vernon est l'homme du monde le plus difficile à aborder; il est sombre, il est défiant, il est un peu maniaque. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Dans un discours prononcé par M. Barette, maire de Vernon, à la cérémonie du 22 novembre 1891, nous relevons les passages suivants qui rappellent que le souvenir des mobiles ardéchois est toujours vivace dans le cœur des Vernonnais : « Il est des souvenirs que le temps ne peut effacer, des faits qui restent gravés en traits inaltérables dans notre mémoire. Tels sont ceux qui se rapportent au drame sanglant de 1870. » ”
Alfred Assollant,
Une Ville de garnison, par Alfred Assollant
(1865)
“ Le sieur Mathieu Vernon, boulanger, ruiné par le maximum et par les mesures révolutionnaires au moyen desquelles la Convention sauva la France en 1793, mourut de chagrin vers la fin de ladite année, laissant à la dame Catherine Vernon (née Barberin) , son épouse , le soin de nourrir, élever, former aux bonnes lettres et à la morale Jean Vernon, fils unique et légataire universel de toutes les dettes de son père. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Le 23, les éclaireurs de la Seine quittent Vernon et vont s'établir dans la forêt de Rosny; le 25, ils occupent le parc du château de Magnanville, et le 28 entrent à Mantes, chassant devant eux les fourrageurs ennemis. Ce jour-là, un des leurs, le capitaine Guillaume, accomplit seul une promenade à cheval pour explorer les environs; il aperçoit à Epône, dans la cour d'une auberge, quatre uhlans qui avaient mis pied à terre et absorbaient un verre de cognac. Sans hésiter et prompt comme l'éclair, il se jette sur eux, fait feu de son revolver et les disperse. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Un enfant de Vernon, le colonel Henri Cliquot de Mentque, qui commandait le lor régiment de chasseurs d'Afrique, à Sedan, fut frappé d'une balle dans la poitrine au moment où il se précipitait sur les Prussiens à la tête de son régiment pour venger la mort du général Margueritte. Il succomba le 9 septembre et fut inhumé à Vernon. Ses funérailles furent magnifiques : toute la population y assista. ”
Germaine de Staël-Holstein,
Oeuvres complètes de Mme la baronne de Staël…
(1820-1821)
“ Quand madame de Vernon a été partie, je me suis retrouvée plus mal qu'avant son arrivée : le bien qu'elle fait au cœur n'y reste pas. Quel trouble je sens dans mon âme! mes i idées, mes sentimens sont bouleversés : je ne sais pour quel but, ni dans quel espoir je doisi me créer un esprit, une manière d'être nouvelle! ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Quand, il y a vingt et un ans, le bruit se répandit dans Vernon que plusieurs soldats de l'Ardèche avaient été tués en défendant notre ville de l'invasion, une douleur profonde remplit tous les cœurs : il semblait à chaque famille que c'était quelqu'un des siens qui avait trouvé la mort dans les journées tristement mémorables des 22 et 26 novembre; sentiment bien naturel : ceux qui meurent en défendant la Patrie ne sont-ils pas, en effet, de la famille de tout le monde! ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ C'est à peine si nous eûmes le temps de prendre le café que nos malheureuses femmes venaient d'apporter et de leur dire adieu. Nous quittâmes Vernon le cœur bien gros, sans avoir eu la consolation d'embrasser une dernière fois nos enfants, et nous primes la route de Gaillon. Pendant le trajet, une pluie fine et serrée tomba sans interruption. La première halte se fit à Sainte-Barbe, puis nous continuâmes notre route jus- qu'à Saint-Pierre-Louviers, où l'école communale nous servit d'asile. ”
Jean le Rond d’Alembert,
L’Encyclopédie, 1re éd.
“ Il y a à Vernon une église collégiale, un hôpital, & plusieurs couvens. Elle est bien peuplée, a de bonnes murailles, des fossés profonds, un gouverneur, un maire, & un college où l’on enseigne les humanités. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ A chaque instant, le mot : francisque capout arrive à nos oreilles. Rééditant la scène de la veille, des fantassins chargent leurs armes et menacent de nous fusiller; ils se contentent toutefois de nous injurier et de nous montrer le poing; enfin leur fureur est calmée lorsque nous arrivons à Vernon, vers trois heures de l'après-midi. En face les casernes, une halte assez prolongée se produit, puis la colonne se remet en marche. Près de l'hôtel de ville, nous rencontrons un officier allemand qui donne l'ordre de rebrousser chemin et nous fait conduire à la caserne des ouvriers constructeurs. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Les trois prisonniers pris dans cette affaire furent conduits à Vernon, escortés de nos volontaires satisfaits de leur capture. Puisque nous parlons de la rive droite, signalons également la belle conduite des gardes nationaux de Vernonnet qui, sous les ordres de M. Eugène Lecœur, ancien militaire nommé sergent sur le champ de bataille de Magenta, partaient chaque jour de ce faubourg et fouil- laient avec soin les bois qui en couronnent les hauteurs. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Après le départ des Allemands, les habitants de Vernon vécurent momentanément dans une tranquillité relative, si toutefois on peut appeler ainsi l'existence malheureuse qu'ils menaient à cette époque. L'ennemi n'occupait plus la ville, il est vrai, mais sa présence dans les contrées environnantes, la tenait isolée et empêchait naturellement les quelques transactions commerciales qui auraient pu se produire. L'appel à l'activité des jeunes gens de Vernon (mobiles, mobilisés) avait diminué l'effectif de la population, et, durant le séjour des troupes françaises, on ne s'en aperçut pas trop ”
Auguste Arnould, La roue de fortune (1842)
“ Vernon n'avait pas cru que l'amour dût être le but unique de sa vie et le terme de son ambition; il ne lui avait sacrifié ni le désir de la gloire, ni le patriotisme, ni l'espoir d'une vengeance sur de nouveaux champs de bataille. Vaincu, mais non soumis, il subissait, en le méprisant, un gouvernement imposé par l'étranger. Il reprit avec enthousiasme du service pendant les cent jours. Blessé dangereuse- ment à Waterloo, il n'apprit que deux mois plus tard que le colonel Richomme avait été tué, et qu'Emilie avait été recueillie par sa tante. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ A partir de Rosny, le train modéra de plus en plus sa marche. Toutefois, quelques minutes après, il entra en gare de Mantes-Embranchement et les gardes nationaux descendirent de wagon. Ces derniers avaient quitté Vernon joyeusement et avec l'espoir tant désiré « de faire le coup de fusil; » mais — faut-il l'avouer, — ils virent leur ardeur se ralentir au fur et à mesure qu'ils approchaient du danger. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Les notes suivantes sont extraites du carnet d'un Vernonnais fait prisonnier aux abords de Gaillon le 9 décembre 1870 et interné à Munich. Il nous a semblé qu'il convenait de laisser à ces notes, écrites au jour le jour, sous l'impression du moment, toute leur brièveté, et de ne les faire suivre d'aucun commentaire. 8 décembre, 3 heures du soir. — En compagnie de quelques compatriotes, nous quittons Bernay pour rentrer à Vernon et prenons la route du Neubourg. Un froid très vif nous cingle le visage ; la neige qui couvre la terre est tellement épaisse, que par endroits on enfonce à mi-jambe. ”
Léo Bertin, Vernon et ses environs pendant la guerre de 1870-71… (1898)
“ Complétons ces renseignements par quelques notes prises sur le carnet du mobile vernonnais : Dès 6 heures du matin (le 5) , nous sommes debout et recevons l'ordre de barricader à l'aide de voitures et de branchages les chemins principaux du bois. Nous avons, fait la soupe, mais hélas! à 8 heures, il a fallu la quitter. L'estomac vide, nous partons avec notre lieutenant Roussel qui fait déployer en tirailleurs, à 250 mètres en avant du bois, les quatre escouades qu'il emmène. ”
