“ Espérons que le beau Malcolm mettra un peu d’amour dans ce cœur endormi, et la délicieuse lady Rosemonde un peu de plomb dans cette cervelle éventée. Je me flatte que ta prochaine réponse m’éclaircira le grand mystère de la poignée de main à l’homme sans gants. Hé ! ceci est grave. Si Malcolm allait être démocrate ! Je voudrais bien qu’il le fût un peu, et qu’il réussit à te le cacher jusqu’au jour où il aurait assez d’influence sur toi pour te faire comprendre que les idées excessives ne valent rien, et que nous vivons dans un temps où un homme sans gants est pourtant un homme. ”
Malcolm
Définition et enjeux
Citations sur “Malcolm”
“ Il y a quelque chose de plus. Malcolm n’a pas été si sacrifié que nous voulons bien le dire, et même il n’a pas été fâché de s’enfuir. Jouons cartes sur table : Malcolm ne m’aime pas. — Que dites-vous là ! — Mon Dieu, il m’aime comme m’ont aimée tous les autres que j’ai eu si fort raison de ne pas vouloir épouser. Il est amoureux de moi comme lord G***, comme M. de S***, comme le marquis, comme l’abbé... ”
“ Ce n’est pas un nom ! — Pardon ! c’est le nom d’un homme très-savant dont votre père fait le plus grand cas, et que Malcolm aime comme son frère. — Ah ! vous voyez donc bien les inconvénients de la science chez un homme du monde ! Elle lui donne pour amis des êtres impossibles. Vous ne me persuaderez pas que Malcolm puisse jamais faire accepter à sa femme la société d’un homme qui ne sait pas seulement saluer et qui ne paraît pas faire la moindre distinction entre une lady et une blanchisseuse. — Vous l’avez donc vu, ce pauvre M. Villemer ? dit en riant lady Rosemonde. ”
“ J’ai une peur affreuse que Malcolm ne soit égalitaire, philosophe socialiste ou jacobin quelconque, et ma frayeur n’est pas dissipée à l’heure où je te parle ; car le candide Malcolm a eu la finesse suffisante pour éluder toutes mes questions sur cet ami, ce camarade mystérieux, ce frère... franc-maçon peut-être ! Il a toujours réussi à rompre les chiens, et, moi, je ne pouvais lui dire : « Hélas ! seriez-vous, par hasard, un homme avancé ? » ”
“ Malcolm, en s’éloignant pour quelques jours, a obéi à un ordre de moi. Je ne voulais pas vous le dire, et même, à présent que je voudrais le justifier auprès de vous, il m’est impossible de vous faire connaître mes motifs ; mais ils sont sérieux, croyez-le bien. Il est des situations dans la vie, où l’honneur, beaucoup plus impérieux que l’intérêt, nous commande. ”
“ Que te dirai-je ! mon imagination fut frappée de je ne sais quelle lueur, fantaisie ou clairvoyance : je m’écriai en moi-même que c’était là Malcolm déguisé en marchand d’oiseaux. Pourquoi non ? J’ai oublié de te dire que Malcolm est fort jaloux, et qu’il est parti à la suite de quelques mots un peu aigres échangés entre nous, à propos du marquis G***. Malcolm me passe d’être coquette avec ceux qui veulent ou peuvent me demander en mariage ; il est scandalisé de me voir rire et causer avec un homme marié. Il ne comprend pas qu’on s’amuse de la jalousie d’une femme sotte. ”
E.-D. Forgues,
Un Peintre dans les Highlands - Journal et Opinion d’un Pré-Raphaëlite
“ Malcolm était un homme de soixante ans, vigoureux et frais comme beaucoup de jeunes gens ne le sont déjà plus. Quelle étonnante élasticité d’humeur, quelle énergie physique dans un vieillard de cet âge qui, après une nuit passée sans fermer l’œil dans cette coquille de noix qu’un saumon aurait pu mettre sens dessus dessous, venait de prendre gaîment sa part d’une équipée de jeunesse, et se jouait dans l’eau maintenant comme un imberbe élève d’Eton ! ”
“ Cela et le mauvais goût de l’absence de Malcolm me donnent envie d’être méchante. Au milieu de tout cela, je commence à m’ennuyer un peu de Florence et à désirer de revoir la boue de Paris. Si mon père m’en croyait, nous n’attendrions pas du tout le retour de Malcolm, auquel, comme tu penses bien, mon petit cœur a donné un congé définitif. Mais mon père est plongé, plus que jamais, dans sa funeste passion pour les petits oiseaux. Se peut-il qu’un homme si bon, si sage et si bien élevé ait la manie des bêtes mortes ! Oh ! l’histoire naturelle ! ”
“ Il s’est caché dans un buisson pour m’écouter causer avec le marquis et l’abbé. Il a conclu de quelques mauvaises plaisanteries que j’étais au mieux avec l’un ou avec l’autre, ou seulement ma gaieté lui aura suffi pour prononcer, dans sa sagesse, que je ne regrette pas Malcolm et que je suis une grande coquette. Quant au dernier point, il ne se trompe pas absolument. Je ne saurais pleurer Malcolm, et je serais fort aise qu’il n’en fût plus question. Mais, Malcolm sait donc que j’ai laissé quelque espérance à sa mère ? — Ceci me donnerait du dépit contre elle. Nous verrons bien ! ”
“ Déception ! ce n’est pas Malcolm : c’est l’inconnu, sans gants, de Vallombreuse. Mais ce n’est pas le premier venu, ce n’est pas un colporteur. C’est un ami déguisé de Malcolm, qui est là de sa part, pour guetter mes faits et gestes. Tu vas voir. Aujourd’hui, lady Rosemonde était venue nous voir avec ses deux mésanges, — c’est ainsi que j’appelle ses deux nièces, — et, trouvant chez nous le marquis G***, le petit abbé et M. de S***, j’ai proposé une promenade à pied et j’ai dirigé mon monde vers les prairies qui entourent la retraite de mon inconnu. ”
“ Pourquoi voudrais-tu que cette personne si recherchée et si vantée s’estimât moins que rien et s’abjurât elle-même, au profit du premier venu de ses adorateurs, avant de s’assurer qu’il vaut mieux qu’elle ? Non pas ! Pour me dominer, il faudrait être un très-grand homme ; or, jusqu’ici, Malcolm*** n’est, à mes yeux, qu’un aimable et joli garçon dont j’aime assez la figure et les manières, beaucoup le nom et la position, et encore plus la mère. ”
“ Une aventure, enfin, à la bonne heure ! Si c’est ainsi que Malcolm veut s’y prendre avec moi, nous serons bons amis ; car j’adore tout ce qui sort de la routine, tout ce qui occupe l’imagination sans compromettre la paix du cœur. ”
Walter Scott,
Œuvres de Walter Scott
“ Malcolm Grœme était d’une taille élancée, mais bien prise et robuste. Jamais le plaid et le tartan ne couvrirent des membres plus gracieux. Ses cheveux dorés se bouclaient élégamment autour de sa toque bleue ; son œil d’aigle distinguait le ptarmigan sur la neige ; chasseur habile, il connaissait tous les défilés qui conduisent aux montagnes et aux lacs de Menteith et de Lennox. Vainement le chevreuil bondit et s’élance quand Malcolm a tendu son arc retentissant ; il l’atteindrait presque à la course, même quand la peur lui donnerait des ailes. ”
“ Nous avons eu aujourd’hui une sorte d’explication à propos de Malcolm. Il paraît que, sans en avoir conscience, le bonhomme a fait aussi son petit cancan dans cette grande affaire. Il a, je crois, fait savoir à ce bel Écossais que j’étais instruite de ses prétentions. Il paraît aussi que c’est moi qui ai dit cela au bonhomme. ”
“ Pensant avoir affaire à un homme de la plus vile espèce, athée par-dessus le marché, c’est-à-dire capable de tout, et dont la familiarité me menaçait de quelque insulte, je lui tournai le dos, en proie à un dégoût complet, et je passai chez les petites Anglaises pour leur parler de la pluie et du beau temps. Ma curiosité était absolument rassasiée ; la conduite inexplicable de Malcolm ne m’inspirait plus qu’un profond dédain. Je ne prononçai pas son nom, malgré toute l’envie que miss Ann avait de m’entendre redire que je ne l’aimais pas. ”
“ Malcolm se contenta de rire quand je riais, de se taire quand je me taisais, de regarder ce que je regardais, de ne pas manger de ce que je refusais, enfin de faire en conscience son état d’homme abruti par l’admiration. Après le déjeuner, on repartit, la marquise G*** toujours sur mes talons, ce qui m’ennuya au point que je priai son mari de s’occuper des deux petites Anglaises, lesquelles le reçurent comme un envoyé du ciel. Mais vois le caprice ou la méchanceté de la marquise ! ”
“ Comme il ne fera rien pour attirer votre attention, il faut que vous soyez assez juste et assez généreuse pour lui en accorder, à son insu, un peu plus qu’aux autres. Je m’engageai de mon mieux, en satisfaisant l’orgueil maternel de lady Rosemonde par les éloges que je lui fis de Malcolm : d’abord de son cheval, qui était incontestablement une merveille, et puis de sa manière de le gouverner, qui était irréprochable ; enfin de sa tournure et de son air de suprême distinction, contre lesquels bien peu d’hommes du meilleur monde pourraient lutter. ”
Paul Féval, La Quittance de minuit
“ Morris franchit le Claddagh dont les noires masures restaient closes. Il passa sous les murailles carrées du Lynch’s-Castle, masse imposante et magnifique dont la façade est armoriée comme un vieux livre de blason. Donnor-street, le bruyant, le joyeux Donnor-street, dormait comme tout le reste de la ville. L’hôtel du Roi Malcolm était aussi noir et aussi muet que ce palais démantelé qui lui faisait face, et d’où le Brûleur avait lancé au major anglais la terrible promesse de minuit. À l’autre bout de la rue, le Grand Libérateur n’était pas plus matinal que le Roi Malcolm. ”
E.-D. Forgues,
Un Peintre dans les Highlands - Journal et Opinion d’un Pré-Raphaëlite
“ Malcolm déjeunait cependant et m’initiait à son régime, excentrique comme sa façon de vivre. Se pliant à l’irrégularité de nos approvisionnemens, il s’est accoutumé à se nourrir, quand l’occasion s’en présente, pour tout le temps où elle ne se retrouvera plus. Ainsi fait le chameau, mais il est pourvu d’un appareil ad hoc et d’un garde-manger que la nature semblait jusqu’ici n’avoir point départi à l’homme. ”
Le livre des petits enfants ou Recueil de récits mis à la portée du premier âge… (1857)
“ Tout d'un coup un jeune homme, nommé Malcolm, s'avança sur le bord du rocher, et s'écria : — Le voilà! le voilà! Vite des cordes, des cordes ! Lorsque Angus fut sûr que son fils vivait encore, il tomba à genoux, remercia Dieu et le pria de veiller sur lui. On descendit des cordes très fortes jusqu'à l'arbre auquel Kennet était suspendu : mais ses bras étaient raides, et il était tellement saisi par le froid, qu'il ne pouvait ni bouger, ni parler. Alors le brave Malcolm, le jeune homme dont je vous ai parlé, offrit de descendre au fond du précipice. ”
William Shakespeare,
Oeuvres complètes de Shakspeare…
(1843)
“ MALCOLM, LE VIEUX SIWARD, ROSS, LÉNOX, ANGUS, CATHNESS, MENTETH. MALCOLM. Veuille le ciel que ceux de nos amis qui nous manquent soient sains et saufs ! SIWARD. Nous devons en avoir perdu quelques-uns ; mais si j'en juge par ceux que je vois, nous n'avons pas payé trop cher une si grande victoire. MALCOLM. Il nous manque Macduff et votre noble fils. ROSS. Votre fils, seigneur, a payé la dette du guerrier : il n'a vécu que le temps nécessaire pour devenir homme ; à peine son courage a-t-il prouvé ses droits à ce titre, au poste où il a combattu de pied ferme, qu'il est mort en homme. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Ce Malcolm Cammore était le fils aîné de Duncan. Après l’assassinat de son père, il s’était sauvé en Angleterre et avait trouvé asile chez Édouard le Confesseur, un saint roi « qui, dit la chronique, était inspiré du don de prophétie et avait la faculté de guérir les maladies. » C’est donc à la cour saxonne que Macduff rejoignit Malcolm. Le thane de Fife avait une double mission : venger sa famille et délivrer sa patrie. Il dépeignit au jeune prince les misères de l’Écosse, et le pressa vivement d’y mettre un terme en réclamant la couronne usurpée par Macbeth. ”
“ Moi qui m’amusais de l’aventure, je ne lui épargnais pas les émotions, et, sans mon père, qui vint me gronder sévèrement et me remettre au pas, le pauvre marquis serait certainement veuf à l’heure qu’il est. Nous étions arrivés à la Chartreuse, et la journée menaçait bien de se passer sans que j’entendisse un mot sensé sortir des lèvres de mon futur fiancé, quand le hasard, qui est parfois un grand artisan dans la trame de nos destinées, amena un tête-à-tête entre Malcolm et moi. ”
“ Vous l’avez rencontré à la Chartreuse. Malcolm voulait attirer votre attention sur lui. C’était un prétexte qu’il cherchait pour vous le présenter et vous réconcilier avec l’histoire naturelle ; mais vous vous êtes si vivement prononcée sur le compte des savants et des amateurs, qu’il a gardé le silence. Le pauvre enfant était prêt à renoncer à des études qui l’amusent et ne l’absorbent pas. — Je les lui rends de toute mon âme ! Miss Ann, je l’ai remarqué, adore les papillons. Elle l’aidera à en attraper, et moi... je continuerai à être le papillon qui ne se laisse pas prendre. ”
“ Allons, il te profitera bien assez si tu nous ramènes de là un beau et bon mari. Je m’intéresse à ce Malcolm autant qu’on peut s’intéresser à un téméraire qui cherche l’absolu dans un tas de chiffons. Et sa mère, est-elle assez folle aussi, celle-là, de croire qu’il suffit de ta fierté et de ta chasteté pour que son fils soit heureux avec toi ! Ma chère, on te flatte bien assez, je peux te dire tes vérités, puisqu’il est convenu, d’ailleurs, que tu m’aimes un peu plus que la première venue, à cause de ma franchise brutale. Ça te divertit et ça te change comme disent les bonnes femmes. ”
“ Il vint donc, ce Malcolm, de Glen-Isla avec une bande de montagnards à ses trousses, toujours prêts à chercher querelle aux autres ; il s’empara du château et des terres, comme fils aîné de sa mère, et mit tous les Wardour à la porte... ”
“ Quand on commença à gravir les montées sérieuses et à se calmer un peu, je remerciai lady Rosemonde de la délicatesse qui avait présidé au choix de nos nombreux compagnons de voyage. Il y avait juste assez de femmes pour ne pas faire de nous deux des héroïnes excentriques ; pas assez pour nous gêner et nous retarder. Quant aux hommes, c’était un habile mélange de ceux qui aspirent à ma main et de ceux qui, ne pouvant y aspirer, aspirent du moins à m’être agréables ; si bien qu’il était impossible de penser que Malcolm pût être autorisé à me faire sa cour plutôt qu’un autre. ”
Henri Blerzy, Les Officiers politiques de la compagnie des Indes
“ II. La génération à laquelle appartenait sir John Malcolm avait eu l’avantage, sous lord Wellesley et le marquis de Hastings de jouer le grand jeu, comme on disait, ce qui signifiait se jeter dans les guerres d’aventures et élargir d’une façon démesurée les domaines de la compagnie. La génération qui vint après eut de semblables occasions, mais avec un succès moins constant. ”
Paul Féval, La Quittance de minuit
“ Patrick Mac-Duff, qui buvait, commodément assis sur le pavé, se leva et fit faire à son bâton deux ou trois fois le tour de sa tête. Une douzaine de garçons l’imita. Aux fenêtres on criait : « Courage ! » et on disait : « Bravo ! » Tous les regards étaient fixés sur le major qui continuait de s’avancer. Aux croisées du Roi Malcolm, d’autres regards également ennemis suivaient la marche de Percy Mortimer. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Enfin l’insurrection est décidée. Macduff et Malcolm en arrêtent le plan avec le pieux Édouard, qui met à leur disposition ses meilleures troupes commandées par Siward, comte de Northumberland. L’armée libératrice envahit l’Écosse en proclamant la déchéance de Macbeth et l’avènement de Malcolm III. Elle traverse sans coup férir les Marches, le Lothian, le comté de Perth. Mais où donc est Macbeth ? où donc est l’ancien vainqueur de Suénon et de Canut ? Il s’est retranché dans le château de Dunsinane ; et, malgré la défection des thanes, il attend en riant les insurgés. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Malcolm, poursuivant Macbeth en toute hâte, parvint à la forêt de Bernane la nuit avant la bataille, et quand son armée se fut reposée et rafraîchie là quelque temps, il commanda à chaque homme de prendre dans sa main une branche d’arbre, aussi grosse qu’il la pourrait porter, et de marcher ainsi de façon que, dès le lendemain, toutes les troupes fussent à portée de l’ennemi sans avoir été aperçues. ”
