L.-M. de Carné, Exploration du Mékong
“ Ainsi donc, de nos jours, une capitale florissante a été anéantie, un peuple tout entier a en quelque sorte disparu, sans que l’Europe ait rien soupçonné de ces scènes de désolation, sans qu’il soit arrivé jusqu’à elle un seul écho de ce long cri de désespoir. Lorsque je traverserai dans l’empire chinois de vastes champs de massacre, j’aurai à soulever le voile qui cache au monde civilisé des spectacles non moins sanglans et non moins ignorés ; j’aurai à montrer la vie humaine s’écoulant à flots sanglans sans laisser ni trace ni souvenir, comme les eaux d’un grand fleuve perdu dans les sables. ”
