“ Tous les sages qui vivent dans l’obscurité et suivent la doctrine de Lao-tseu, se dépouillent extérieurement du luxe et des honneurs ; intérieurement, ils entretiennent leur longévité, et ne succombent jamais au milieu des dangers du siècle. C’est ainsi que les bienfaits de Lao-tseu découlent de son livre, et s’étendent à l’infini comme les eaux d’un fleuve bienfaisant. On peut dire que le ciel et la terre l’ont institué pour être le modèle et le maître de toutes les générations futures. ”
Citations sur “Lao”
Tony Johannot,
Le Foyer breton, traditions populaires…
(1845)
“ Cependant Lao marche devant lui , sans crainte , jouant toujours du biniou . A mesure qu' il avance , son cœur devient plus courageux , son souffle plus fort et le son s' élève plus perçant ; il a déjà parcouru la moitié de la lande , il aperçoit devant lui le menhir qui se dresse dans la nuit comme un fantôme ; et , plus loin , la maison des korigans . Alors , il lui semble entendre un murmure qui va grandissant . Il ressemble d' abord au gazouillement d' une source , puis au bruit d' une rivière , puis au grondement de la mer ; et il y a , dans ce grondement , mille rumeurs différentes . ”
“ Lorsque Confucius eut quitté Lao-tseu, il dit à ses disciples : « Je sais que les oiseaux volent dans l’air, que les poissons nagent, que les quadrupèdes courent. Ceux qui courent peuvent être pris avec des filets ; ceux qui nagent, avec une ligne ; ceux qui volent, avec une flèche. Quant au dragon qui s’élève au ciel, porté par les vents et les nuages, je ne sais comment on peut le saisir. J’ai vu aujourd’hui Lao-tseu : il est comme le dragon ! » Lao-tseu se livra à l’étude de la Voie et de la Vertu ; il s’efforça de vivre dans la retraite et de rester inconnu. ”
Claudius Madrolle,
Hanoï et ses environs...
(1907)
“ Laos. — Les Lao sont une branche importante du peuple tai: ils occupent le royaume du Lu'o'ng Phra Bang et les territoires de Vieng-Chan et dé Bassak. Les Français, en mettant le signe du pluriel, ont modifié la prononcialion du mot qui s'est étendu « au pays par les Lao [s] ». Tonkin. — Lè Lo'i, fondateur de la dynastie des Lé, lait de Hà-no'i sa capitale, et donne, en 1130, à sa nouvelle résidence le nom de Dong-Kinh, « Cour de l'Est ». ”
Giuseppe Ferrari, La Chine et l'Europe : leur histoire et leurs traditions comparées (1867)
“ N'est-ce pas la mission de Lao et de Pythagore dans un pays où règne la plus hideuse des Magies, où l'on brûle les veuves, où la plus sotte allitération des actes de la vie rend impossible le bon sens, OÙ la raison doit simuler la folie et où Lao enfin doit s'inctiner devant un fanatisme incurable? ”
“ Confucius s’étant présenté devant Lao-tsea, le philosophe lui dit : « Un habile marchand cache avec soin ses richesses, afin de paraître vide de tout bien ; un sage d’une vertu accomplie doit paraître ignorant et stupide. Renoncez à l’orgueil et à la multitude de vos désirs ; « dégagez-vous des vues ambitieuses qui vous occupent : tout cela ne peut vous servir de rien. » Comme Confucius était occupé à lire, Lao-tseu le vit et lui demanda quel livre il étudiait. ”
Maurice Magre, Le roman de Confucius (1927)
“ Une impression de sérénité se dégageait de ce lieu muet et Lao-Tseu pensa que c’était là que devaient vivre les hommes parfaits, gardiens de la sagesse perdue et directeurs cachés de l’humanité dont il savait l’existence par la plus antique tradition de la terre.— Dans cette vallée viendront mes deux frères, se dit Lao-Tseu, celui de l’Inde et celui des pays où il y a des temples de marbre au bord de la mer bleue. C’est là que je dois aller.Or, échappé à quelque troupeau, un bœuf errait depuis longtemps dans la partie sauvage du jardin qui entourait le palais des Esprits de la terre. ”
“ Celui qui se laisse aller à la violence de son caractère et aime à discuter, s’éloigne de plus en plus du Tao. Plus bas Lao-tseu compare ces hommes qui aiment à discuter, et dont la loquacité ne peut se soutenir longtemps, à un vent rapide qui ne peut durer toute la matinée, et à une pluie violente qui ne peut durer tout le jour. ”
Claude-Adrien Helvétius,
De l’Esprit
“ Il descend, porté sur les ailes des vents ; leur souffle fait écouler les eaux, le terrain humide est desséché ; les plaines, les forêts, se couvrent de verdure, et la terre reprend sa première forme. Au dernier embrasement qui précéda, disent les habitants de Lao, le siècle de Xaca, un mandarin, nommé Pontabo-bamy-suan, s’abaisse sur la surface des eaux : une fleur surnage sur leur immensité ; le mandarin l’apperçoit, la partage d’un coup de son cimeterre. Par une métamorphose subite, la fleur, détachée de sa tige, se change en fille ; la nature n’a jamais rien produit de si beau. ”
Tony Johannot,
Le Foyer breton, traditions populaires…
(1845)
“ Il ne faut point tenter Dieu , Lao ! Dieu a mis dans le monde des choses que l' on doit ignorer et d' autres que l' on doit craindre . Laissez les korigans danser autour de leurs maisons de granit . – Danser ! répéta Lao ; les korigans ont donc aussi des sonneurs ? – Ils ont le sifflement du vent dans la bruyère et les chants de l' oiseau de nuit . – Eh bien , dit l' homme des montagnes , je veux qu' aujourd'hui ils aient une musique de chrétiens . Je traverserai la lande , en jouant mes plus beaux jabadaos de Cornouaille . ”
Tony Johannot,
Le Foyer breton, traditions populaires…
(1845)
“ Lao commence à souffler moins fort ; son œil inquiet se promène à droite et à gauche sur la lande ; on dirait que les touffes de bruyères se sont animées ; toutes semblent s' agiter et marcher dans l' ombre ; toutes prennent une forme de nains hideux et les voix deviennent plus distinctes ... Tout à coup , la lune se lève , et Lao pousse un cri . A gauche , à droite , derrière , devant , / partout , aussi loin que son œil peut voir , la lande est couverte de korigans qui accourent . ”
Maurice Magre, Le roman de Confucius (1927)
“ Lao-Tseu était né en Chine. A Kapilavastu, en pays Çakia, naquit le prince Siddartha, qui fut appelé le Bouddha, et de l’île de Samos, pour s’en aller de ville en ville et de temple en temple, partit Pythagore. Grâce à lui les belles formes en puissance dans la pierre se muèrent en statues, les spéculations éparses devinrent des systèmes philosophiques, des étincelles d’intelligence s’allumèrent sous les portiques des agoras depuis Memphis jusqu’à Corinthe, depuis Syracuse jusqu’à Athènes. ”
Conrad Malte-Brun,
Traité élémentaire de géographie…
(1830)
“ Le Lao ou Laos, au nord du Camboge, est un pays peu peuplé dont la plupart des habitans se composent de hordes vagabondes et presque sauvages; la population sédentaire est établie dans de petits villages construits sur le bord des rivières, où ils se livrent à l'agriculture. Hanniah ou Lan-Tchhang, est la capitale de ce pays. Elle est entourée d'une muraille et d'un fossé et située au confluent d'une petite rivière et du Maî-Kang. On y compte plusieurs pagodes et palais en bois; 5,ooo habitans forment à peu près toute sa population.. ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Les Lao ont la même origine que les Thai ; leur langage est très-doux et a beaucoup de rapport avec la langue thai, au point que ces deux nations peuvent s’entendre mutuellement. Leur écriture ressemble beaucoup à celle des Khamer ou Cambogiens. L’habillement, pour les hommes, consiste en un langouti et une veste courte, à quoi ils ajoutent quelquefois un manteau d’étoffe de coton rayé en noir et en rouge. Les grands ont des vestes d’indienne ou de soie bigarrée avec des filets d’or ou d’argent. ”
Jean-Baptiste Du Halde, Description de la Chine
“ Le quatorzième jour du neuvième mois de la cinquante-quatrième année du cycle, Lao kiun vint au monde dans la province de Hou quang. C’est l’auteur d’une des deux sectes principales, qui ont infecté l’empire, et dont je parlerai assez au long. Il prétendait que l’âme périssait avec le corps, que la félicité de l’homme consistait dans la volupté, et bornant tout le bonheur à cette vie, il se vantait d’avoir trouvé le secret de la prolonger bien au-delà du cours ordinaire ; c’est ce qui fit appeler cette secte, la secte des immortels. ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Les Lao sont de la secte de Buddha, comme les Thaï ; ils ont des talapoins, des pagodes, où ils honorent la statue de Buddha ; mais on peut dire qu’ils rendent plus de culte aux génies ou démons qu’à leur idole. Ils croient à plusieurs sortes de génies. 1o Les démons des bois (phi phraï) , qui exercent leur empire dans les plus épaisses forêts. Si quelqu’un a la témérité d’y pénétrer, et surtout d’y passer la nuit, souvent il disparait, et on n’en a plus de nouvelles. ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Tous les jours, matin et soir, il ne faut pas manquer de lui donner sa pleine écuelle de riz tout chaud, dont il savoure la vapeur. Quelquefois, dit-on, il est arrivé de trouver son écuelle vide. Il paraît que le génie tutélaire est passablement jaloux, caril ne permet pas qu’un étranger dorme plus de trois nuits dans la cabane deses clients ; c’est pourquoi les Lao (du moins ceux que j’ai vus) ne donnent l’hospitalité que trois jours, après lesquels ils vous avertissent de vous pourvoir ailleurs, pour ne pas encourir l’indignation du génie. ”
Oliver Goldsmith,
Le citoyen du monde
(1835)
“ Chaque puissance regarda dès-lors cette nation ambitieuse d'un oeil jaloux, et interdit à ses sujets tout commerce avec elle. Poursuivant sans cesse leurs projets d'envahissement, les habitants de Lao attendaient de grands avantages de leurs colonies ; les richesses, disaient-ils, font la force d'un état, et la force en fait la sûreté. ”
Alphonse Baralle, Atlas universel, contenant la géographie physique… (1877)
“ Les Malais, audacieux, intelligents, vindicatifs, se livrent au commerce, souvent à la piraterie. Les Lao, qui habitent, dans l'intérieur, une grande partie de la vallée du lVIé-Kong, sont des populations olivâtres, d'un caractère doux. ”
“ Si le Tao pouvait être offert aux hommes, répartit Lao-tseu, il n’y aurait personne qui ne voulût l’offrir à son prince ; s’il pouvait être présenté aux hommes, il n’y aurait personne qui ne voulût le présenter à ses parents ; s’il pouvait être annoncé aux hommes, il n’y aurait personne qui ne voulût l’annoncer à ses frères ; s’il pouvait être transmis aux hommes, il n’y aurait personne qui ne voulût le transmettre à ses enfants. ”
“ Pour avoir une idée exacte de toutes les circonstances de la vie de Lao-tseu, il faut s’appuyer sur les récits des historiens, et les comparer aux textes mystérieux que renferment les livres qui traitent des immortels. ”
“ C’est sur ce dernier point que Lao-tseu insiste particulièrement, parce qu’il désire que les rois s’attachent au Tao et gouvernent par le non-agir. En général, tout homme qui est soumis aux autres et n’agit que d’après leurs ordres, s’appelle hiu-tsien 下賤, « bas et abject. » C’est une comparaison qui s’applique au Tao. Le Tao est sans nom et tous les êtres du monde peuvent en faire usage, de même qu’on emploie un homme d’une condition basse et abjecte. Si les princes et les rois restaient sur leur trône noble et élevé sans posséder le Tao, ils seraient bientôt renversés. ”
Claudius Madrolle,
Chine du Sud. Java. Japon. Presqu'île malaise…
(1916)
“ La province de Lao-kai comprend deux districts, la châu de Thui-vi, sur la rive droite, et le châu de Bao-thang sur la rive gauche. Sa superficie est de 5.800 kmq, couverte de forêts ou de broussailles, moins 200 kmq. livrés à la culture. Sa population est de 28.000 hab. env. dont 10.000 Tai, 7.000 Miao, 6.000 Yao, 2.000 Annamites, 1.200 Chinois, etc. La voie ferrée traverse le Nan-k'i et entre en Chine à la station de Ho-k'eou. (De Lao-kai à Mong-tseu et à Yun-nan-fou, voir YUN NAN, R. 1) . ROUTES : 1. Lao-kai à Phong-tho (Fong-to) , 101 kil. voir R. 8) par Bac-xat. ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Il est probable que les Karieng tirent leur origine des Lao, avec lesquels ils ont plusieurs traits de ressemblance. Ils reconnaissent deux génies, l’un bon, l’autre mauvais ; ils ne rendent aucun culte au bon génie, tandis qu’ils font des sacrifices de poules, de fruits, de riz, de fleurs, etc., au mauvais génie, lorsqu’ils veulent l’apaiser ou se le rendre favorable. ”
Tony Johannot,
Le Foyer breton, traditions populaires…
(1845)
“ Lao , éperdu , recule jusqu' au menhir et s' y appuie ; mais les korigans l' ont aperçu et l' entourent en criant de leurs voix de cigale : – C' est le beau sonneur de Cornouaille qui est venu pour faire danser les korigans . Lao fait le signe de la croix , mais tous les petits hommes l' entourent en criant : – Tu nous appartiens , Lao ; tu n' es pas en état de grâce ; sonne donc , beau sonneur , et mène la danse des korigans . Lao résiste en vain : dominé par une puissance magique , il sent le biniou s' approcher de ses lèvres , il joue , il danse malgré lui ”
Antonio Fogazzaro,
Daniel Cortis (2e édition)
(1896)
“ Je l'avais dit, moi, que le temps allait se gâter! criait Lao. Arrangez-vous, maintenant !. De gros nuages blanchâtres semblaient sortir de la cime du Passo Grande et venaient flotter au-dessus des arbres, à gauche et à droite de la grille ; le soleil s'éteignait sur la pelouse, sur le sentier qui tourne et se perd dans les mystères du bois, dans le poème de l'ombre et de la vie. Lao s'arrêta près de la grille et regarda les nuages. Hélène continuait de marcher lentement vers le bois, espérant que les autres seraient revenus aHta leurs pas sans elle. ”
Jean-Baptiste Du Halde, Description de la Chine
“ Lao tsé, vieux enfant ; nom du Chef d'une Secte à la Chine. Lao ye, Monsieur. Lapa, trompette Tartare dont le bruit est sourd, et qui s'entend néanmoins de loin. La tcha, sorte d'excellent Thé. Leang ; Ce mot se prend indifféremment pour désigner le poids d'une once, et pour dire une once d'argent, qui est une espèce de monnaie, appellée par les Portugais Taël, et qui vaut environ cent sols monnaie de France. C'est encore le nom de la dixième Dynastie des Empereurs de la Chine. Leang tao, quelquefois ce mot désigne le Mandarin général pour le tribut du riz ”
Oliver Goldsmith,
Le citoyen du monde
(1835)
“ Avec le temps, chaque colonie s'étendit sur le pays qui l'environnait; en devenant plus populeuses, elles devinrent plus civilisées; dans le commencement elles se servaient des manufactures de la capitale; mais ensuite elles en élevèrent qui les mirent à même de se passer de celles de leurs voisins; en moins d'un siècle elles devinrent très puissantes; et dès-lors le commerce, d'abord si avantageux à la métropole, lui devint préjudiciable; tout en s'appauvrissant, la province de Lao conservait ce luxe dont ses premières richesses lui avaient donné le goût ”
“ Cette difficulté du texte de Lao-tseu est également reconnue en Chine, et nous pourrions nous consoler de notre impuissance à l’entendre complètement, en voyant les docteurs Tao-sse les plus renommés y signaler les mêmes obscurités qui ont égaré quelques missionnaires et M. Abel-Rémusat. « Il n’est pas aisé, dit Sie-hoeï, l’un de nos commentateurs, d’expliquer clairement les passages les plus profonds de Lao-tseu ; tout ce que la science peut faire, c’est d’en donner le sens général. » ”
Jean-Baptiste Pallegoix,
Description du royaume Thai ou Siam
“ Pour cela, ils choisissent un endroit fertile dans la forêt voisine, en abattent tous les arbres, et y mettent le feu, ce qui donne à la terre une fécondité surprenante. Ils vendent aux Chinois de l’ivoire, des peaux de tigres et d’autres animaux sauvages, de la poudre d’or, des minerais d’argent et de cuivre, la gomme gutte, le cardamome, la laque, de la cire, des bois de teinture, du coton, de la soie et autres marchandises qu’ils échangent contre de la vaisselle, des verroteries et autres petits objets de Chine. Les Lao ne sont pas faits pour la guerre ”
Giuseppe Ferrari, La Chine et l'Europe : leur histoire et leurs traditions comparées (1867)
“ Chez eux aucune capitale, aucune centralisation, tout se fait par des masses mobiles comme le sable du désert emporté par le vent; leurs révolutions toutes géographiques jettent de véritables tourbillons d'hommes sur d'autres hommes, et c'est ainsi qu'aux Lao succèdent les Kin, aux Kin les Mongols, aux Mongols les Mantchoux. ”
“ Tsiao-hong [9] rapporte les titres de soixante-quatre éditions de Lao-tseu, qu’il fait suivre des noms des commentateurs et du nombre des livres dont chaque édition se compose. Parmi les interprètes les plus célèbres, nous remarquons trois empereurs qui professaient la doctrine de Lao-tseu, savoir : 1° Wou-ti, de la dynastie des Liang (qui monta sur le trône l’an 502 de l’ère chrétienne) ; on a de lui : Tao-te-king-tchou, en 4 livres. ”
