“ Zénothémis, prenant la place quittée, donna à Thaïs un baiser sur la bouche. THAÏS. Je te croyais plus vertueux. ZÉNOTHÉMIS. Je suis parfait, et les parfaits ne sont tenus à aucune loi. THAÏS. Mais ne crains-tu pas de souiller ton âme dans les bras d’une femme ? ZÉNOTHÉMIS. Le corps peut céder au désir sans que l’âme en soit occupée. THAÏS. Va-t’en ! Je veux qu’on m’aime de corps et d’âme. Tous ces philosophes sont des boucs ! Les lampes s’éteignaient une à une. Un jour pâle, qui pénétrait par les fentes des tentures, frappait les visages livides et les yeux gonflés des convives. ”
Thaïs
Définition et enjeux
Les Thaïs, principale ethnie de la Thaïlande, forment un groupe ethnolinguistique tai dont la langue, le thaï, appartient à la famille kra-dai. Leur histoire, marquée par des migrations provenant du sud de la Chine et des échanges avec l'empire khmer, révèle une culture qui combine traditions tai, bouddhisme theravâda et influences indiennes.
Des auteurs comme Anatole France, dans sa pièce Thaïs, ont utilisé ce thème pour aborder des tensions entre spiritualité et sensualité, tandis que Hrotsvitha en fait un personnage emblématique de chute et de rédemption. Cette approche historique et littéraire souligne la complexité des identités culturelles en Asie du Sud-Est.
Citations sur “Thaïs”
Anatole France,
Thaïs
(1890)
“ Mais cette pensée ne venait pas de Dieu, et je l’ai repoussée, et certes, ce serait trop grièvement offenser les bien-aimées de Jésus-Christ que de leur offrir les dépouilles de la luxure. Thaïs, tout ce que tu as touché doit être dévoré par le feu jusqu’à l’âme. Grâces au ciel, ces tuniques, ces voiles, qui virent des baisers plus innombrables que les rides de la mer, ne sentiront plus que les lèvres et les langues des flammes. Esclaves, hâtez-vous ! Encore du bois ! Encore des flambeaux et des torches ! ”
Anatole France,
Thaïs
(1890)
“ Des jeunes débauchés qui, revenant de souper, passaient par là, précédés de leurs esclaves, s’arrêtaient, le front couronné de fleurs, la tunique flottante, et poussaient de grands cris. Cette foule de curieux, sans cesse accrue, sut bientôt que Thaïs, sous l’inspiration de l’abbé d’Antinoé, brûlait ses richesses avant de se retirer dans un monastère. Les marchands songeaient : — Thaïs quitte cette ville ; nous ne lui vendrons plus rien ; c’est une chose affreuse à penser. Que deviendrons-nous sans elle ? Ce moine lui a fait perdre la raison. Il nous ruine. Pourquoi le laisse-t-on faire ? ”
