Thaïs

Définition et enjeux

Portrait de Anatole France Anatole France,  Thaïs

“ Zénothémis, prenant la place quittée, donna à Thaïs un baiser sur la bouche.
THAÏS. Je te croyais plus vertueux.
ZÉNOTHÉMIS. Je suis parfait, et les parfaits ne sont tenus à aucune loi.
THAÏS. Mais ne crains-tu pas de souiller ton âme dans les bras d’une femme ?
ZÉNOTHÉMIS. Le corps peut céder au désir sans que l’âme en soit occupée.
THAÏS. Va-t’en ! Je veux qu’on m’aime de corps et d’âme. Tous ces philosophes sont des boucs !
Les lampes s’éteignaient une à une. Un jour pâle, qui pénétrait par les fentes des tentures, frappait les visages livides et les yeux gonflés des convives.
”
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Portrait de Anatole France Anatole France,  Thaïs (1890)

“ Mais cette pensée ne venait pas de Dieu, et je l’ai repoussée, et certes, ce serait trop grièvement offenser les bien-aimées de Jésus-Christ que de leur offrir les dépouilles de la luxure. Thaïs, tout ce que tu as touché doit être dévoré par le feu jusqu’à l’âme. Grâces au ciel, ces tuniques, ces voiles, qui virent des baisers plus innombrables que les rides de la mer, ne sentiront plus que les lèvres et les langues des flammes. Esclaves, hâtez-vous ! Encore du bois ! Encore des flambeaux et des torches ! ”
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Portrait de Anatole France Anatole France,  Thaïs (1890)

“ Des jeunes débauchés qui, revenant de souper, passaient par là, précédés de leurs esclaves, s’arrêtaient, le front couronné de fleurs, la tunique flottante, et poussaient de grands cris. Cette foule de curieux, sans cesse accrue, sut bientôt que Thaïs, sous l’inspiration de l’abbé d’Antinoé, brûlait ses richesses avant de se retirer dans un monastère.
Les marchands songeaient :
— Thaïs quitte cette ville ; nous ne lui vendrons plus rien ; c’est une chose affreuse à penser. Que deviendrons-nous sans elle ? Ce moine lui a fait perdre la raison. Il nous ruine. Pourquoi le laisse-t-on faire ?
”
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