Maurice Magre, Le roman de Confucius (1927)
“ Il voulait apercevoir une seconde le beau visage d'où s'était dégagé, comme une vapeur qui s'élève d'un lac bleu, le premier rêve de sa jeunesse. Il vit les traits émaciés, le corps grêle, le luth brisé. C'était, dans le jardin sans joie, le fantôme dépouillé de beauté de celle qu'il avait aimée. Le dos de Confucius disparaissait du côté de la maison, arrondi comme la politesse, écrasant comme la vertu. Mong-Pi se laissa retomber dans la rue. Au pied du mur de terre, accroupi, il pleura longtemps. Quelle terrible loi humaine ! Celui qui recherche la sagesse perd en même temps la beauté. ”
