Maurice Magre

Résumé

Maurice Magre Le roman de Confucius (1927)

Il voulait apercevoir une seconde le beau visage d'où s'était dégagé, comme une vapeur qui s'élève d'un lac bleu, le premier rêve de sa jeunesse.
Il vit les traits émaciés, le corps grêle, le luth brisé. C'était, dans le jardin sans joie, le fantôme dépouillé de beauté de celle qu'il avait aimée. Le dos de Confucius disparaissait du côté de la maison, arrondi comme la politesse, écrasant comme la vertu.
Mong-Pi se laissa retomber dans la rue. Au pied du mur de terre, accroupi, il pleura longtemps.
Quelle terrible loi humaine ! Celui qui recherche la sagesse perd en même temps la beauté.
Source : Gallica

Maurice Magre Le roman de Confucius (1927)

Il saisit le luth, emblème de la révolte, des actions incompréhensibles, de l'art insensé en lutte contre la vertu, et il en brisa d'un seul coup toutes les cordes. Puis il le jeta à terre avec colère.
Ki-Kéou poussa un faible cri, pareil à celui d'un oiseau qui meurt, et elle croisa ses mains effilées sur sa poitrine amaigrie.
Honteux de ce geste, indigne d'un sage, Confucius s'éloignait déjà à grands pas.
Insensiblement le jardin s'éclaira d'une lumière confuse comme la conscience d'un oiseau. Les remparts commencèrent à étendre leur ombre
pesante.
Source : Gallica

Maurice Magre Le roman de Confucius (1927)

Alors il s'est levé et il a marché parmi les hommes pour leur enseigner le fruit de ses méditations et la vérité qui lui était propre.
— Es-tu parvenu jusqu'à lui et l'as-tu vu? demanda Lao-Tseu. Peux-tu me dire si son visage est splendide et si une lumière rayonnante s'échappe de ses yeux comme celui que j'ai vu dans mon rêve.
— Il n'en est rien, ô mon maître ! Et sans doute le rêve transforme et embellit. Celui dont la renommée s'étend à travers les plaines gangétiques et dans le montagneux Thibet et qu'on appelle le Bouddha a l'apparence d'un homme
ordinaire.
Source : Gallica

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