Résumé

E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

Pour qu’il existe encore après la paix de 1815, comme après celle de 1763, une grande marine française, il faut que celui qui dirige d’en haut tous les événemens de ce monde ait eu ses raisons pour ne pas la laisser périr.
La mission qui m’avait été confiée était la conséquence naturelle du mouvement d’idées qui marqua les premières années de la restauration. J’ai souvent entendu dire alors, par des gens dont je me serais bien gardé d’épouser les utopies, que la France et l’Angleterre devaient s’unir étroitement pour assurer le bonheur et la tranquillité de l’Europe.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

L’Europe cependant ne s’était adressée qu’à la France pour lui demander d’aller signifier aux régences barbaresques, de concert avec l’Angleterre, le jugement rendu par le tribunal de la civilisation. Elle s’était souvenue qu’il n’y avait jamais eu que deux grandes puissances maritimes dans le monde, et c’était sur le concours de ces pavillons, si récemment ennemis, qu’elle avait compté pour faire prévaloir au sein de cours barbares ses justes réclamations. Ce n’est pas en vain qu’une nation a de glorieuses annales.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral, troisième série…

Si la guerre d’escadres n’était plus possible dans une lutte où la France se serait trouvée sans alliés contre l’Angleterre, c’était encore la seule guerre qui convînt à une coalition maritime ; c’était aussi la seule qui pût nous donner un avantage marqué sur les marines secondaires. Ne préparer une marine que pour la guerre de course, c’était donc engager l’avenir et porter la plus grave atteinte à la puissance nationale.
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