Résumé

Henry Moreau La liberté des mers et le Congrès de Paris (1857)

En effet, pour savoir si un peuple a intérêt au maintien de l'armement en course, il faut prendre en considération, non pas le mal qu'il pourra faire aux autres, mais surtout le mal que les autres peuvent lui faire. Or, plus la marine marchande d'une nation est nombreuse, plus elle doit redouter que ses ennemis n'arment en course, car elle leur offre de plus grandes chances de prise. L'Angleterre possède la plus riche marine marchande du monde, et sa marine militaire est assez nombreuse pour suffire aux nécessités de la guerre, comme à celles du pillage.
Source : Gallica

Henry Moreau La liberté des mers et le Congrès de Paris (1857)

A quoi lui servirait l'armement en course? Aussi, depuis près d'un demi-siècle, s'est-elle bornée à faire la guerre avec ses flottes. Les armateurs sont loin d'être favorisés par sa législation comme le sont les nôtres; ils sont obligés d'abandonner une partie notable de la prisé, par cela seul qu'elle a été faite alors qu'un bâtiment de la marine royale était en vue, à quelque distance qu'il se trouvât. Si, dans la dernière guerre, la Grande-Bretagne n'a pas armé de corsaire, elle a écouté, croyons-le bien, la voix de son intérêt au moins autant que celle de la civilisation.
Source : Gallica

Henry Moreau La liberté des mers et le Congrès de Paris (1857)

Les actes que punissent les lois pénales en temps de paix, quand ils lèsent un citoyen, changent de caractère lorsqu'ils frappent un ennemi, et deviennent licites, quelquefois même héroïques; l'esclavage, chose étrange a penser, ce hideux débris de la barbarie des siècles passés, paraît alors un bienfait; le vainqueur cède à un premier sentiment d'humanité, il laisse la vie au vaincu et se borne à lui prendre sa liberté.
On conçoit que dans un pareil état social, où la vie de l'ennemi compte pour si peu, sa propriété ne soit pas respectée.
Source : Gallica

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