Résumé

Paul Gilles Du droit de visite spécialement en cas de guerre… (1895)

Lorsque, par l'emploi de la force, ce dernier aura réussi à rejoindre le bâtiment suspect, à le visiter, à s'assurer de sa parfaite neutralité, il ne me semble nullement avoir le droit de se venger de sa résistance par la capture soit du navire, soit de la cargaison, soit de tous les deux.
Le pavillon neutre est libre, il couvre même la marchandise ennemie ; cette règle est une règle d'équité ; la loi positive n'a eu qu'à l'enregistrer. Or, le fait de la simple résistance à la visite indépendamment de toute lutte armée, n'a nullement entaché la neutralité du navire suspect.
Source : Gallica

Paul Gilles Du droit de visite spécialement en cas de guerre… (1895)

Ou, si son pavillon est sincère, sa présence sur le théâtre des hostilités ne résulte-t-elle pas d'une intervention plus ou moins occulte en faveur de l'ennemi ?
Au fond de l'âme humaine, il n'existe pas en effet de neutralité parfaite, et le spectacle de deux peuples en guerre ne peut laisser les autres complètement indifférents. Car en dehors même de toute question d'intérêts, les sympathies de race, de religion, de caractère, les souvenirs de l'histoire, tout contribue à faire naître chez les tiers des sentiments plus sympathiques à l'égard de l'un des combattants.
Source : Gallica

Paul Gilles Du droit de visite spécialement en cas de guerre… (1895)

En quoi, je le demande, la destruction de papiers quels qu'ils soient, par un neutre, c'est-à-dire par un homme libre et indépendant du belligérant, peut-elle porter à ce dernier un préjudice réel, direct et suffisant pour motiver l'exercice du plus rigoureux droit de la guerre.
La visite, avec ou sans recherches, ou même la procédure devant le tribunal des prises suffiront à assurer une pleine lumière sur les griefs reprochés au navire suspect. De quel droit châtierait-on un innocent pour une faute qu'il n'a pas commise ?
Source : Gallica

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