A. de Lapradelle

Résumé

A. de Lapradelle Revue des Deux Mondes

Vainement la Grande-Bretagne cherche-t-elle à restreindre aux mines flottantes, munies d’appareils qui les rendent inoffensives au bout d’une heure, l’usage de la haute mer, l’Allemagne prétend poser des mines, même amarrées ; mines qu’il est facile d’immerger dans les mers peu profondes, — Baltique, mer du Nord, Manche, Méditerranée, — sans autre obligation que de signaler la région dangereuse aussitôt le contrôle perdu. Ainsi, ce n’est pas l’Angleterre, c’est l’Allemagne qui risque de devenir, en temps de guerre, la meurtrière maîtresse de la mer.
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A. de Lapradelle Revue des Deux Mondes

Dans le navire de jadis, facile à manœuvrer, large et spacieux, qui n’avait à porter que des vivres et de l’eau, l’on trouvait aisément assez d’hommes pour en détacher, de capture en capture, les équipages de prise, que le bonheur des rencontres avait rendus nécessaires. Dans le navire d’aujourd’hui, gros mangeur de charbon, la place manque pour embarquer le surcroît d’hommes nécessaire à la conduite, d’ailleurs plus difficile, des grands steamers marchands. Et c’est, par là, le principe de la saisie de la propriété privée ennemie, sous pavillon ennemi, qui s’ébranle.
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A. de Lapradelle Revue des Deux Mondes

Affranchir le trafic ennemi de la capture, c’est aussi délivrer le trafic neutre de cette capture indirecte, hypocrite et mal déguisée, qui, sous le nom de contrebande, fait partager aux neutres les maux du belligérant, sans autre raison logique que d’interdire le rattachement, par les tiers, des mille liens coupés du trafic national. Si l’ennemi pacifique a le droit de vivre de son travail, à plus forte raison, le neutre a-t-il le droit de vivre du sien.
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