Comte Bouët-Willaumez

Résumé

Comte Bouët-Willaumez Revue des Deux Mondes

La colonie du Sénégal ne ressemble pas à celles dont nous venons de parler : ce n’est plus la culture qui y domine, c’est la troque ou commerce d’échange. Ce n’est pas aux travaux de la terre que nous y avons dressé la race indigène : nous avons tourné son activité soit vers le trafic, soit vers la navigation des fleuves et de leurs affluens ou marigots, tous autant de chemins qui marchent et permettent à ces courtiers africains, devenus français, de transporter sur leurs nombreuses flottilles les marchandises de nos manufactures dans les escales ou marchés de l’intérieur de l’Afrique.
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Aujourd’hui l’abolition de l’esclavage est un fait accompli, c’est une épreuve terminée, et les causes partielles qui se rattachent à cette brusque transformation sont déjà loin de nous. Les conditions dans lesquelles nous trouvons le travail colonial en 1852 ne semblent plus exposées à aucune modification essentielle, et n’ont guère qu’un écueil à craindre : la concurrence de l’industrie sucrière de la métropole. Nulle époque ne saurait donc être plus favorable pour étudier ce qu’a produit l’activité industrielle et commerciale dans nos colonies quatre années après l’abolition de l’esclavage.
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Reconnaissons donc que le système exclusif d’une guerre de course, n’ayant pas pour point d’appui la guerre d’escadre, est contraire à la raison comme à l’histoire. En vain dira-t-on que des escadres entraînent des dépenses considérables pour une grande nation qui met au premier rang sa dignité, son honneur et son influence, il y a des dépenses forcées, et la marine est une de celles-là.
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