Résumé

E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral. — La Marine de la Restauration…

Je laisse derrière moi une marine fortement constituée, un matériel imposant, un corps d’officiers que l’Angleterre nous envie, des matelots, des canonniers, rompus au service des escadres et à celui des navires de guerre, une flotte, en un mot, telle que la monarchie française n’en a pas encore possédé. Je revois mon pays après cinq ans d’absence ; cette flotte a disparu, je ne retrouve plus ni les hommes, ni les choses. À la faveur d’une situation plus stable, une nouvelle flotte se forme ; elle met quinze ans à grandir. Survient une autre tempête qui la disperse.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral. — La Marine de la Restauration…

La supériorité de vitesse est d’ailleurs un avantage infiniment plus précaire pour une escadre que pour un croiseur isolé. Rassemblez huit ou dix vaisseaux rapides : s’il en est un seul dont la machine s’arrête, voilà l’escadre entière obligée de le sacrifier ou de l’attendre. C’est pour avoir voulu protéger le vaisseau le Zélé, démâté pendant la nuit par un abordage, que le comte de Grasse fut conduit à livrer malgré lui le combat de la Dominique. Nous ne pouvons donc sans danger mettre notre confiance dans un avantage que la moindre avarie peut nous enlever.
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E. Jurien de la Gravière Souvenirs d’un Amiral. — La Marine de la Restauration…

Est-ce bien là cependant le dangereux laurier qu’il lui reste à cueillir ? Verrons-nous notre marine confirmer le renom dont elle jouit déjà dans des combats plus sanglans que ceux qui ont honoré le drapeau de la restauration et celui du gouvernement de juillet ? Devons-nous lui souhaiter d’avoir à subir cette décisive épreuve d’où sortit triomphante la marine de Louis XVI ? Puisse le ciel écarter des plus ardens esprits de semblables pensées !
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