Résumé

Jurien de La Gravière Les Stations de la Méditerranée…

Le Furet ne se tira cependant pas trop mal d’affaire. Sans doute le vent était lourd, le froid vif et la mer un peu dure ; mais l’hiver est quelquefois dans la Méditerranée plus clément que l’automne. Quand la côte presque tout entière est couverte de neige, qu’elle est, suivant l’expression des marins, hivernée, le vent ne souffle plus que rarement du large. Une brise fraîche et piquante, venant toujours de terre, accueille le navire, qui à quelques lieues de la côte était encore battu de la tempête. Le froid manteau étendu sur les montagnes repousse la tourmente.
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Jurien de La Gravière Les Stations de la Méditerranée…

C’est un singulier assemblage de force et de faiblesse qu’un navire : il dompte un ouragan, il trébuche sur un caillou.
Au mois d’avril, nous fûmes rappelés à Toulon. Je ne doutais plus du Furet. Les pères et les capitaines ont de ces illusions. Arrivé à la hauteur de Blanes et de Palamos, je me lançai à corps perdu dans le golfe de Lyon ; le mistral, je puis le dire, m’y accueillit à bras ouverts. Pendant trois jours, nous ne vîmes que le ciel et l’eau. Comment les lames qui ne cessaient de balayer le pont ne remplirent-elles pas la cale ?
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Jurien de La Gravière Les Stations de la Méditerranée…

L’élan nous est à peu près inutile, à nous autres marins, puisque nous ne pouvons presque jamais joindre l’ennemi corps à corps. Ce qu’il nous faut, c’est du calme, de la ténacité, beaucoup d’ordre et de présence d’esprit. Des cris, on en obtient toujours assez. Ce fut donc en silence que les canonniers de la Résolue coururent à leurs pièces, ajustèrent leurs hausses, étendirent leurs palans sur le pont et se tinrent prêts. L’escadre anglaise, — car c’était bien l’escadre de l’amiral Malcolm, — avait suivi la frégate dans le canal des Sapiences.
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