Résumé

Girette Revue des Deux Mondes

Pour nous, tant que la prééminence maritime de la Grande-Bretagne sera exclusivement fondée sur l’industrie, sur la science, sur le labeur de son peuple, tant qu’elle respectera le droit, nous dirons à nos concitoyens : « Imitez, faites mieux si vous pouvez, mais n’attaquez point ; respectez le droit. Ne provoquez pas sans raison une nation qui n’est pas votre ennemie pour être votre rivale. » Mais le jour où l’Angleterre frapperait le droit de son épée, oh ! ce jour-là, notre pays aurait un devoir à remplir, et il ne serait pas seul. Nous en avons pour garant le sage Jefferson.
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Napoléon, vainqueur de toute l’Europe, moins l’Angleterre, a eu jusqu’à 64 vaisseaux, 44 frégates, 80,000 hommes embarqués. Napoléon n’a réussi qu’à livrer plus étroitement aux armes de son implacable ennemie cette mer méditerranée qu’il avait appelée le lac français.
La France pèse d’un trop grand poids dans les destinées du monde comme puissance continentale pour qu’il lui soit permis d’être en même temps prépondérante à la mer. Elle aurait alors l’empire universel, et le monde a montré deux fois qu’il n’accepterait pas le joug.
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D’autres nations, nées d’hier pour l’histoire, mais dont le progrès dépasse tout ce que l’imagination aurait pu rêver, et qui couvrent déjà de leur ombre colossale l’horizon de l’avenir, la Russie, l’Union américaine, jettent toutes deux les fondemens d’une grande marine. Celle-là, puissance continentale par la loi de la nature, veut une armée navale comme Rome l’a voulue : elle prend ses paysans et les pasteurs de ses steppes, et les transforme en matelots pour le service d’une flotte qui n’a pas de commerce maritime à protéger.
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