Résumé

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La Marine française en 1846

La marine marchande n’est pas un accessoire pour la marine de l’état, c’est pour elle un élément principal et la source même de sa vie. En tout pays, en tout temps, la force navale a eu pour mesure l’activité commerciale, et la prépondérance sur les mers a été constamment l’apanage des peuples les plus marchands. C’est donc un devoir, quand on s’occupe de la marine militaire, et un devoir étroit, que de suivre avec sollicitude les fluctuations des intérêts commerciaux et de la navigation marchande.
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Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La Marine française en 1846

J’entends dire d’ici qu’il est périlleux de porter dans une organisation en vigueur, et dont le temps a prouvé l’efficacité, des idées de réforme absolue et presque révolutionnaire. J’entends dire qu’il ne faut pas sacrifier la flotte d’aujourd’hui à la flotte de demain, et s’exposer, dans le cours des essais et dans le conflit des systèmes, à rester sans instrumens de défense. Ce reproche ne m’arrête pas ; c’est celui que les habitudes opposent toujours à l’innovation, celui qui, depuis l’origine des siècles, a essayé de paralyser l’essor des découvertes.
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Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud La Marine française en 1846

En attendant, la marine marchande est atteinte d’un mal profond, qui l’emportera si l’on n’y prend garde. Peu à peu le commerce déserte les expéditions lointaines, où il trouve des rivaux plus heureux et plus hardis. A peine maintient-il un système d’opérations languissantes sur trois ou quatre points du globe où notre pavillon jouit d’un privilège exclusif. Partout où il rencontre la concurrence étrangère, il ne peut tenir et cède au premier choc. C’est le fruit d’un régime qui énerve nos forces en nous tenant repliés sur nous-mêmes
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