Résumé

Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

Si le désordre d’un récent armement et l’inexpérience complète d’un équipage peuvent être la source d’inévitables revers, il ne faut rien exagérer pourtant et ne pas s’aller imaginer qu’un navire n’est point en mesure de combattre tant que son organisation n’a pas encore ce fini, ce parfait auquel tout capitaine doit avec raison aspirer. Quand un homme de cœur commande à de braves gens, il lui faut moins de temps pour les préparer à soutenir l’honneur du pavillon. Le nécessaire en marine n’est pas si compliqué qu’on le pense.
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Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

Sur la demande de la première autorité maritime de Rochefort, je fus nommé au commandement de la frégate la Mignonne. Commander une frégate ! c’était le rêve de mes jeunes années, l’ambition la plus haute que je pusse concevoir. Au-dessous d’une frégate, il n’y a point, à vrai dire, de bâtiment de guerre, de même qu’au-dessous d’un vaisseau il n’y a point de bâtiment de ligne. Ces dénominations de corvettes, de frégates et de vaisseaux n’ont, du reste, qu’un sens relatif.
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Jurien de La Gravière Souvenirs d’un Amiral, seconde partie…

Le premier de ces bâtimens était celui que je devais monter. Il était en rade de l’île d’Aix et prêt à prendre la mer. Les deux autres achevaient leur armement dans le port de Rochefort ; mais pendant que, l’esprit exalté par ce retour soudain de la fortune, je rêvais les plus brillantes croisières, la France se sentait prise d’un invincible découragement à l’endroit de sa marine. Ses vaisseaux en effet s’en allaient un à un ; ses frégates et ses corvettes, après avoir capturé quelques misérables bâtimens de commerce, tombaient à leur tour au pouvoir de l’ennemi.
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