Lucrèce,
De la nature des choses
“ Nous n’avons pas souffert, nous qui n’existions point : De même, après la mort, lorsque sera disjoint Ce nœud d’âme et de chair où tout l’homme réside, Rien n’atteindra nos sens, ou notre être, mot vide, Car nous ne serons plus ! Rien : dût avec la mer La terre se confondre et l’onde avec l’éther ! Si même, après que l’âme à la forme est ravie, En nos restes persiste un sentiment de vie, Cela n’est plus en nous et ne nous est plus rien, Puisque l’âme et le corps ont rompu leur lien, Hymen d’où la personne émane tout entière. ”

