Théodore de Banville

Théodore de Banville

Résumé

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes bourgeois (1885)

Ce qui tout d'abord me l'a fait prendre en haine, c'est son absolue et irritante perfection en toutes choses, qui me poursuit comme la plus cruelle ironie. Sur un point quelconque, il m'a toujours été impossible de le prendre en faute. Il n'est jamais fatigué, il ne se plaint jamais de ses travaux, il est toujours gai, spirituel, reposé comme s'il sortait du bain, mari et amant irréprochable, prêt à quitter le labeur le plus attachant pour m'emmener au bal, à la comédie, où je veux, pour m'embrasser, pour m'amuser comme une enfant, pour causer chiffons, et il en cause mieux que moi.
Source : Gallica

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes bourgeois (1885)

Dans cette étrange maison, on doit non seulement au couturier, au linger, à la couturière, au joaillier, au chaussetier, mais on doit aussi au boucher, à l'épicier, au boulanger, aux domestiques et à la portière ; dans les finances de ce ménage bourgeois, il y a autant de désordre que dans celles d'un État.
– Je ne puis, dit Labro, t'offrir un conseil. Peut-être, une fois devenue ta femme, mademoiselle Séraphine échapperait-elle au vertige qui affole sa famille. Si jamais tu étais embarrassé par le manque d'argent, tu sais que mon inépuisable fortune est à ton service.
Source : Gallica

Portrait de Théodore de Banville Théodore de Banville Contes bourgeois (1885)

Clara Nouguier n'est ni une femme ordinaire ni une courtisane ordinaire ; si charmante à voir avec ses grands yeux dorés et sa tête d'une originalité expressive, distinguée et simple comme une grande dame, spirituelle aussi, et jeune fille par la grâce décente de sa démarche, elle est, par-dessus le marché, gourmande, ce qui lui donne un attrait de plus. Elle se connaît en cuisine, comme elle se connaît en poésie et en belles étoffes, et c'est plaisir de voir ses blanches dents bien égales, faites d'un solide ivoire, mordre dans la chair d'un ortolan ou de quelque autre délicate bestiole.
Source : Gallica

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