Pierre Louÿs,
Aphrodite. Mœurs Antiques
“ Chrysis, ma Chrysis, toi qui étais la plus belle et la plus adorée des femmes, toi si semblable à la déesse que le peuple t’a prise pour elle, où es-tu maintenant, qu’a-t-on fait de toi ? Tu vivais pour donner la joie bienfaisante. Il n’y a jamais eu de fruit plus doux que ta bouche, ni de lumière plus claire que tes yeux ; ta peau était une robe glorieuse que tu ne voulais pas voiler ; la volupté y flottait comme une odeur perpétuelle ; et quand tu dénouais ta chevelure, tous les désirs s’en échappaient, et quand tu refermais tes bras nus, on priait les dieux pour mourir. ”
