Résumé

Portrait de Cosimo Alessandro Collini Cosimo Alessandro Collini Voltaire en Prusse : Lettres extraites de sa correspondance… (1878)

Mes divins anges, votre Sans-Souci est donc à Neuilly? Vous avez moins de colonnes de marbre, moins de balustrades de cuivre doré; votre salon, quelque beau qu'il soit, n'a pas une coupole magnifique; le roi très chrétien ne vous a pas envoyé des statues dignes d'Athènes, et vous n'avez pas même encore pu réussir à vous défaire de vos bustes ; avec tout cela, je tiens que Neuilly vaut encore Sans-Souci; mais je détesterai et Neuilly et votre bois de Boulogne, si Mme d'Argental n'y retrouve pas la santé, si M. de Choiseul ne soupe pas à fond, si M. le coadjuteur1 a mal à la poitrine.
Source : Gallica

Portrait de Cosimo Alessandro Collini Cosimo Alessandro Collini Voltaire en Prusse : Lettres extraites de sa correspondance… (1878)

Qu'on parcoure l'histoire ancienne et moderne, on ne trouvera point d'exemple de prince qui ait donné sept mille écus de pension à un homme de lettres, à titre d'homme de lettres. Il y a eu de plus grands poètes que Voltaire; il n'y en eut jamais de si bien récompensé,
parce que le goût ne met jamais de bornes à ses récompenses. Le roi de Prusse comble de bienfaits les hommes à talents, précisément pour les mêmes raisons qui engagent un petit prince d'Allemagne à combler de bienfaits un bouffon ou un nain.
Source : Gallica

Portrait de Cosimo Alessandro Collini Cosimo Alessandro Collini Voltaire en Prusse : Lettres extraites de sa correspondance… (1878)

Je cours rejoindre le carrosse, aussi joyeux que Jason après la conquête de la toison d'or. Ce bijoux, d'une grande valeur, était un de ces dons que les princes prodiguaient à Voltaire comme un témoignage de leur estime; il était doublement précieux. Mon illustre compagnon de voyage la retrouva avec plaisir, mais aussi avec la modération du désintéressement ; il me parut plus affecté de la peine que j'avais prise, que joyeux d'avoir recouvré sa tabatière. C'est, il me semble, dans de pareilles occasions, que l'homme se montre tel qu'il est, et que l'on peut juger son âme et ses passions.
Source : Gallica

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