Documents biographiques, Voltaire
“ Je lui demandai si Genève avait pris le change sur le vrai motif de cette lettre de Rousseau. « Rousseau, me dit-il, est connu à Genève mieux qu’à Paris. On n’y est dupe ni de son faux zèle, ni de sa fausse éloquence. C’est à moi qu’il en veut, et cela saute aux yeux. Possédé d’un orgueil outré, il voudrait que, dans sa patrie, on ne parlât que de lui seul. Mon existence l’y offusque ; il m’envie l’air que j’y respire, et surtout il ne peut souffrir qu’en amusant quelquefois Genève, je lui dérobe à lui les moments où l’on pense à moi. » ”
