Gabriel Tarde

Élements biographiques

Gabriel Tarde Contes et poèmes (1879)

Et, sans prêter l'oreille à la vague qui roule, Tout à coup je m'élance. Un cri sort de la foule, Un cri profond, suivi d'un calme solennel : Sur l'abîme penché, les bras levés au ciel, Je me suis arrêté. de peur ? non, mais d'extase !
J'ai fléchi de nouveau sous le don qui m'écrase, J'ai vu, d'un seul coup d'œil, près de m'anéantir, L'immensité des flots où j'allais m'engloutir, L'immensité des temps où je pourrais m'étendre.
Et l'éblouissement est venu me reprendre !
Trois fois, me rappelant l'amour dont j'ai vécu, J'essaie un autre élan, trois fois je suis vaincu!
Source : Gallica

Gabriel Tarde Les lois de l'imitation : étude sociologique… (1895)

Tocqueville a été profondément, religieusement impressionné, nous dit-il, par le nivellement des conditions qui précipite les peuples, en Europe ou en Amérique, sur la pente inévitable de la démocratie. Le besoin d'égalité est, à ses yeux, le mobile supérieur de notre temps, comme le besoin de privilège était le mobile supérieur du passé, et sur l'opposition de ces deux forces il fonde le contraste des sociétés aristocratiques et des sociétés démocratiques, qui, de tout temps, ont différé en tout, en fait de langue, de religion, d'industrie, de littérature, d'art, aussi bien que de politique.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Études pénales et sociales (1892)

L'amour morbide ! Mais, dira-t-on peut-être, quel est donc l'amour qui n'est pas une maladie? N'est-il point toujours une fièvre qui modifie les battements du pouls, gêne ou accélère la respiration, trouble l'esprit? Il nous aveugle sur les défauts de l'objet aimé, il nous montre en lui des beautés imaginaires, et, par cette double hallucination négative et positive, parce délire compliqué des sens et du cerveau, nous pousse au désespoir, à la ruine, au crime, à la mort. Il nous y pousse, s'il ne nous y précipite pas toujours.
Source : Gallica

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