Gabriel Tarde

Résumé

Gabriel Tarde Contes et poèmes (1879)

Et, sans prêter l'oreille à la vague qui roule, Tout à coup je m'élance. Un cri sort de la foule, Un cri profond, suivi d'un calme solennel : Sur l'abîme penché, les bras levés au ciel, Je me suis arrêté. de peur ? non, mais d'extase !
J'ai fléchi de nouveau sous le don qui m'écrase, J'ai vu, d'un seul coup d'œil, près de m'anéantir, L'immensité des flots où j'allais m'engloutir, L'immensité des temps où je pourrais m'étendre.
Et l'éblouissement est venu me reprendre !
Trois fois, me rappelant l'amour dont j'ai vécu, J'essaie un autre élan, trois fois je suis vaincu!
Source : Gallica

Gabriel Tarde Contes et poèmes (1879)

Pourtant, l'effroi qui l'agite Ne remplit pas tout son cœur ; Son ferme cœur bat trop vite Pour ne battre que de peur !
Enfin, à la douce rive, A l'humble maison de bois Qui vaut les palais des rois, Tout palpitant, il arrive.
Près de lui tremble un roseau Et bat de l'aile un oiseau Qui sur l'eau dormante couve ; Plus loin, bruit le flot clair.
Est-ce aux portes de l'enfer Ou de l'Eden, qu'il se trouve ?
Sous le chaume, où librement Pénètre avec lui la lune, Il entre, il voit vaguement Une chevelure brune, Un front calme, un cou charmant.
Il doute de l'affreux rêve, De lui-même épouvanté.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Contes et poèmes (1879)

Mais vous aurez vécu de votre vie à vous, La lumière ! et, donnant l'essor à votre flamme, Grâce à l'immense étreinte où vous périrez tous, Un moment vous aurez épanoui votre âme !
Ce qui ne tombera jamais, c'est le rayon Qui, détaché de vous, poursuivra sa carrière, De ce qui fut un jour éternelle action ; Ce qui s'élèvera toujours, c'est la lumière,
C'est l'espoir insensé d'atteindre enfin le bord, La fin de l'infini qui toujours recommence, C'est votre ambition, c'est votre rêve immense, Votre amour impossible et plus fort que la mort !
Ce qui vous survivra sans fin, c'est votre gloire
Source : Gallica

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