Gabriel Tarde

Résumé

Gabriel Tarde Études pénales et sociales (1892)

L'amour morbide ! Mais, dira-t-on peut-être, quel est donc l'amour qui n'est pas une maladie? N'est-il point toujours une fièvre qui modifie les battements du pouls, gêne ou accélère la respiration, trouble l'esprit? Il nous aveugle sur les défauts de l'objet aimé, il nous montre en lui des beautés imaginaires, et, par cette double hallucination négative et positive, parce délire compliqué des sens et du cerveau, nous pousse au désespoir, à la ruine, au crime, à la mort. Il nous y pousse, s'il ne nous y précipite pas toujours.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Études pénales et sociales (1892)

Pour revenir au XVIe siècle, le duel y atteste le haut rang où l'on tient alors la loyauté et la franchise, et tend à l'élever encore. Considérer comme la plus mortelle injure le reproche d'avoir menti, c'est proclamer que le premier devoir de l'homme est le culte du vrai. Qui sait si, pour maintenir jusqu'à nous, paisibles hommes d'étude, ce culte intact, il n'était pas utile que des générations plus belliqueuses bondissent d'indignation au seul soupçon du mensonge, et courussent laver cette injure dans le sang? Il est possible aussi que le duel ait alors aidé aux progrès de l'égalité.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Études pénales et sociales (1892)

Je sais bien aussi que rarement l'amour entre au coeur par l'éblouissement d'un groupe complet de perfections où rien ne détonne ; d'ordinaire, nous mettons un certain temps, après avoir vu plusieurs fois une femme dont nous devons être un jour follement épris, à passer par dessus les imperfections qui nous déplaisent en elle, et à démêler un détail d'elle qui nous frappe, nous revient sans cesse, nous poursuit. C'est son oreille, par exemple, c'est la ligne de ses sourcils, c'est la volute de sa lèvre supérieure ou une singularité légère de son tour d'esprit.
Source : Gallica

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