Résumé

Paul Fauconnet La responsabilité : étude de sociologie (1920)

Une société ne peut pas punir sans s'infliger une privation, une souffrance. Elle trouve donc en elle-même des raisons puissantes d'accepter l'impunité, pour ne pas faire le sacrifice moral qu'exigerait la punition. Elle assume des risques et se dépense pour protéger le patient contre elle-même. D'une part elle veut le punir, mais d'autre part elle veut le mettre à l'abri de la peine. Sur la colère destructive qu'a soulevée le crime s'exerce une inhibition qui arrête la destruction; aux forces génératrices de responsabilité s'opposent des forces génératriées d'irresponsabilité.
Source : Gallica

Paul Fauconnet La responsabilité : étude de sociologie (1920)

Le désir, l'image, en tant qu'ils apparaissent spontanément dans la conscience, n'engagent pas notre responsabilité, disons-nous, tant que, par une libre acceptation ou au moins par un accueil complaisant, nous ne leur reconnaissons pas droit de cité en. nous. L'image séductrice qu'on essaie de repousser, le désir qu'on combat, le doute qu'on refoule ne sont pas des péchés. Cependant, une conscience scrupuleuse se fait des reproches à l'occasion de ces fautes passives. Elle a le sentiment de son indignité, de sa perversité, sentiment qui se fond insensiblement dans celui d'une culpabilité.
Source : Gallica

Paul Fauconnet La responsabilité : étude de sociologie (1920)

La découverte du crime est, logiquement au moins, antérieure à la désignation d'un responsable. Mais qualifier crime un événement, c'est poser en principe qu'il devra être puni, et, pour que la peine s'applique, il faut qu'un patient la subisse. Quand une société se refuse à punir le mineur, le fou, l'homme qui a agi sans intention, elle déclare ipso facto qu'il n'y a pas lieu à peine, donc que l'événement incriminé présentait seulement les apparences extérieures d'un crime. Renoncer pour des raisons morales à punir, c'est renoncer à considérer le crime comme tel.
Source : Gallica

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