Résumé

Gabriel Tarde Fragment d'histoire future

De temps à autre un pays, un continent interrompt tout à coup ses communications à l’agence centrale ; c’est que tout un réseau télégraphique est sous la neige, d’où émergent seulement ça et là, de distance en distance, les pointes inégales de ses poteaux portant leur petit godet. De cet immense filet électrique à la trame serrée qui enveloppait le globe entier, comme de cette prodigieuse cotte de maille que le système achevé des voies ferrées faisait à la terre, il ne reste plus que des tronçons épars, pareils aux débris de la grande armée de Napoléon pendant la retraite de Russie.
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Gabriel Tarde Fragment d'histoire future (1904)

Maintenant, il bénéficie de la destruction ou de la diminution graduelle de tous les autres grands mouvements du coeur, qui se sont réfugiés et concentrés en lui, comme les hommes exilés dans les chaudes entrailles de la terre. Le patriotisme est mort, depuis qu'il n'y a plus de terre natale, mais seulement une grotte natale, et qu'en outre les corporations où l'on entre à son gré, suivant sa vocation, ont pris la place des patries. L'esprit de corps a tué le patriotisme. De même, l'école est en train non de tuer mais de transformer la famille, et c'est justice.
Source : Gallica

Gabriel Tarde Fragment d'histoire future (1904)

On voit quelquefois, très souvent même, des amants devenir fous de passion et en mourir; d'autres, courageusement, se faire hisser par un ascenseur à l'ouverture béante d'un volcan éteint, et pénétrer dans l'air extérieur, qui, en un moment, les congèle. Ils ont à peine le temps de regarder le ciel bleu, — beau spectacle, dit-on, — et les teintes crépusculaires du soleil toujours mourant, ou le vaste et naïf désordre des étoiles ; puis, s'étreignant sur la glace, ils tombent morts !
Source : Gallica

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