Ernest Pérochon

Résumé

Ernest Pérochon Les Hommes frénétiques

Harrisson s’avança de quelques pas et d’une voix forte, assurée, jetant comme une pierre chaque syllabe, il parla :
— Au nom des physiciens du laboratoire 4.48, moi, Harrisson, j’annonce à tous que le mal est vaincu !... Le mal est vaincu ! La guerre est morte !...
— Aâh !... Aâh ! Parle ! parle !...
Considérablement assourdie par l’obturateur, une rumeur immense déferlait dans la salle. Harrisson leva la main et le silence se rétablit. Il reprit fortement :
— La guerre est morte !... L’affreux danger qui menaçait les hommes est écarté ! Que chacun reprenne son sang-froid !
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Ernest Pérochon Les Hommes frénétiques

La science a grandi trop vite dans un monde aux lentes métamorphoses... Avérine est né cinquante siècles trop tôt... Et nous qui continuons l’œuvre du maître... insensés que nous sommes ! insensés ! nous armerons le frère contre le frère, nous ouvrirons peut-être un infini de tortures... nous ouvrirons peut-être la porte du néant !
Lygie secouait la tête.
— Non ! non !... tout cela n’est qu’un cauchemar !... Et puis qu’importe ! Il faut savoir !...
Les bras tendus vers la table d’expériences, elle avait jeté les derniers mots d’une voix exaltée.
Harrisson tressaillit.
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Ernest Pérochon Les Hommes frénétiques

Il y avait un peu d’inquiétude, et même un peu de désarroi dans les âmes, mais l’humanité, dans son ensemble, avançait d’un pas allègre, à une vitesse grandissante, vers des lendemains aventureux dont rien d’historique ne pouvait donner l’idée.
Pour les temps à venir, le principal artisan de cette évolution formidable serait, sans nul doute, ce vieillard immobile, chargé d’ans, chargé d’honneurs, et que tous les savants de la planète se préparaient à fêter encore une fois, à l’occasion de ses cent ans. Le cinquième siècle de l’ère universelle porterait le nom de siècle d’Avérine.
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