Robert Randau

Résumé

Robert Randau L'oeil du monde : roman (1927)

Une affection devait être, prétendait-elle, égoïste, et l'union sentimentale exclusive à deux êtres. Elle ne s'agrégea jamais à une hétaïrie. Tu éprouvas un caprice pour elle, mécano !
— Ce n'est pas niable ! Et que c'était agaçant ! s'écrie Rolande. N'a-t-on pas, en définitive, plus besoin d'amitié que d'amour? L'amitié seule nous groupe en hétaïries. On s'y tient compagnie sans cesser d'être soi-même. Foin des hurluberlus !
— Elle qualifiait, observe Georgette, l'hétaïrie d'infâme chiennerie.
— Je m'étais fort attaché à Grâce, reprend Sigot.
Source : Gallica

Robert Randau L'oeil du monde : roman (1927)

Rolande me néglige, baguenaude, exécute sans goût le travail social et se prend à détester le mécano parce qu'elle a peur de lui. Est-ce drôle ?
— Elle est avant tout coupable d'avoir épousé un homme qui lui déplaisait. Quand on appartient à une hétaïrie on n'a que faire d'un amant !
— Oh ! elle admirait Sigot quand elle nous entendait nous ébahir de son génie, mais lui gardait rancune, en d'autres temps, de se sentir inférieure à lui. Elle appréciait fort l'énormité des salaires qu'il recevait et dont elle profitait pour s'amuser. Il n'y a pas très longtemps qu'elle s'est éprise de Désiré.
Source : Gallica

Robert Randau L'oeil du monde : roman (1927)

Yahia, j'implore ton pardon ! J'ai été coupable, appartenant à une hétaïrie, de te tromper avec un étranger. Tu fus mon mari sans être mon amant. Tu resteras mon ami.
— Je suis encore plus coupable qu'elle, Sigot, dit Désiré. La vérité est que nous sommes épris l'un de l'autre.
— Et ne nous reproche pas notre attitude ! s'écrie Rolande. Me crois-tu, Yahia, assez aveugle pour ignorer le penchant qui t'entraîne vers Grâce Thory? Allons, depuis son arrivée à l'Ouarsenis, tu t'ingénias à te rapprocher de notre condisciple. Et elle ne s'opposa en rien à tes desseins. Soyons francs !
Source : Gallica

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