Bernard Nabonne

Résumé

Bernard Nabonne La meunière de Javel (1946)

Mathieu se taisant, Carmen le crut vexé. Elle eut un rire léger, murmura d'une voix douce, fort intelligible :
— Qu'il est amusant, ma chère, de vous entendre parler de désintéressement !
Une fois de plus, le visage d'Annette changeait d'expression. Ses yeux lançaient des flammes.
— Que voulez-vous dire ? demandait-elle sourdement.
On vit alors le baron qui, jusqu'alors, s'était tu, comme absorbé par un rêve intérieur, se réveiller tout à coup et intervenir pour expliquer d'une voix apaisante :
— Il est toujours amusant d'entendre parler
de désintéressement des enfants de ton âge.
Source : Gallica

Bernard Nabonne La meunière de Javel (1946)

Il y parvint, enfin, lorsqu'il fut sur le chemin de l'avenue Mozart.
Les ailes du moulin de Javel devaient être mues par un vent d'aventures bien vif pour pouvoir encore, après un siècle et demi, pousser Mathieu en avant avec cette violence. Le jeune homme se
sentait transporté vers l'hôtel des descendants de la belle meunière avec cette fièvre joyeuse que d'autres éprouvent en allant à leur premier rendez-vous d'amour.
Car il ressentait de l'amour pour cette famille Veillard : en cela, il n'avait pas menti à Rivier. Ses patrons étaient pour lui l'incarnation du mystère qui le passionnait.
Source : Gallica

Bernard Nabonne La meunière de Javel (1946)

Sa pauvre soeur n'avait pas cette vie, ces couleurs, cette jeunesse qui plaisaient à son amant.
« Je puis être fière qu'il m'ait choisie. Il aurait eu des poules de la haute s'il l'avait voulu. Il est si distingué ! »
Elle était allée se pencher à la fenêtre où elle l'avait aperçu pour la première fois. Il n'était pas en face d'elle ; mais un beau soleil illuminait les toits de l'immeuble ; et elle avisa au fond de la cour le lilas en fleurs, orgueil de Mme Fabert. Une envie folle lui vint d'aller cueillir quelques thyrses et d'en orner la chambre de Mathieu.
Source : Gallica

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