Théo Varlet

Résumé

Théo Varlet La Grande Panne (1930)

Sans ce que nous venions de voir dans le métro, on eût pu se leurrer, croire à l’évanouissement de la menace.
Mais non, toutefois ! Sur la chaussée, dans le flot des taxis et des autobus, rares étaient à présent les véhicules qui ne traînaient pas, soit au marchepied sur la boîte d’accumulateurs, soit sous le châssis à l’arrière du moteur, leur goitre loqueteux de fongosités rousses. Quant aux tramways, chaque voiture soulevait au passage, entre ses roues, une gerbe de boue sèche... de lichen arraché par la « charrue » au caniveau de prise de courant.
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Théo Varlet La Grande Panne (1930)

Pendant que tout le monde accourt, l’homme vient à la porte près de laquelle nous sommes restés seuls, Aurore et moi, presse un levier qui ouvre les battants par où s’engouffrent le vent et la rumeur tempêtueuse du lichen en croissance, puis, pour avoir les deux mains libres, accrochant son falot à la barre d’un filet à bagages, enlève la chaînette qui fixe l’échelle de fer aplatie contre un dossier, la fait tourner sur l’axe du support, et l’amenant à l’extérieur du wagon, l’abaisse le long de la tige qui la retient, parmi un bruit sec de branches cassées.
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Théo Varlet La Grande Panne (1930)

Ici dans l’atelier, les nouveaux lichens, d’un vermillon plus vif et d’une énergie de développement encore accrue, engaînent déjà les fils et font sur ma lampe un feutrage en réseau. Leurs premières vésicules reproductrices pétillent en projetant leur poudre impalpable... Et l’odeur nauséabonde ! Et les prurits qui me reprennent !... Il n’y a plus de raison pour que cela s’arrête. Le seul moyen serait de me passer de lumière. Mais il m’en faudra cette après-midi, avec ce ciel de cataclysme, pour commencer le portrait d’Aurore. Vais-je devoir sortir ma vieille lampe à pétrole ?
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