Samuel-Henry Berthoud

Résumé

Samuel-Henry Berthoud Les hôtes du logis (1867)

Prenant un grand fauteuil, il l'offrit à Louise et s'assit devant elle.
— Sœur, lui dit-il, vous sentez-vous le courage d'habiter ce triste logis? d'y vivre seule avec moi ? de n'y recevoir que la visite de juifs et de marchands d'argent? Vous en sentez-vous le courage, sœur?
— Mon frère, si je puis vous rendre heureux.
— Heureux, moi ! reprit Rembrandt. Heureux ! croyezvous qu'il y ait du bonheur pour l'homme qui n'a plus qu'une croyance funeste et maudite: l'or? pour l'homme qui a vu s'évanouir toutes ses illusions?
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les hôtes du logis (1867)

Fritz, sans répondre, se leva brusquement et rentra dans son logis, qui lui parut désert, et où se trouvait cependant Truchden.
— Ah! s'écria-t-il, maudite soit la vie que je mène! La vie sans enfants peut s'appeler à bon droit un enfer; mon Dieu, mon Dieu, rendez-moi père!
Truchden lui répondit par des larmes qu'elle versait tout bas.
Quatre ans après, trois beaux enfants, dont une petite fille et deux jumeaux; remplissaient de leurs cris la maison
de Fritz, dont ils troublaient le sommeil la nuit et dont ils causaient la préoccupation le jour.
Source : Gallica

Samuel-Henry Berthoud Les hôtes du logis (1867)

Pauvre malheureux! c'est toute sa joie, il ne faut point la lui reprocher. Eh bien, moi aussi, Louise, j'ai voulu avoir recours à l'abrutissement de l'ivresse; mais mon corps souffrait sans que ma raison disparût. Il n'y a que l'or, voyez-vous? l'or avec ses tintements voluptueux, avec ses tas sur lesquels rayonnent si victorieusement les gerbes de la lumière que l'on dirait que ces reflets réchauffent le cœur; il n'y a que l'or pour produire sur ma tête une impression énergique qui suspende mes douleurs.
Source : Gallica

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