Henry Jouin, Esthétique du sculpteur (1888)
“ L'atelier du statuaire est nu. Un peu de terre, quelques gouttes d'eau, un ébauchoir de buis, et c'est tout. Cette terre molle, gluante, sans attrait et sans relief va prendre une forme. L'artiste arrosera chaque soir avec patience son bloc d'argile. Il retranchera le lendemain pour ajouter ensuite. De sa main ferme il pétrira le front du penseur, les tempes du savant, les lèvres du poète. Son œuvre s'accomplit dans la solitude. C'est à peine si de temps à autre quelque rare modèle vient s'asseoir sur la table de l'atelier. ”
