Gustave Coquiot

Élements biographiques

Gustave Coquiot Rodin à l'hôtel de Biron et à Meudon

Comme le vulgaire lit les sentiments et les passions sur le visage, l’artiste les lit sur tout le corps. Pour lui, un torse, un bras, une main, une jambe, un pied ont leur physionomie. La chair et les muscles frissonnent de volupté; ils se contractent dans la douleur, la colère ou la haine; ils se détendent dans la sérénité; ils s’abandonnent dans le repos. Ils sont aussi expressifs que les yeux et que la bouche.
Dans cet art du modelé, M. Rodin a égalé les sculpteurs grecs, ses maîtres, qui ont fait connaître aux hommes la perfection. Ses corps n’apparaissent pas en surface, mais en volume.
Source : Gutenberg

Gustave Coquiot Paul Cézanne

Cézanne, comme un fou, s’acharne. Il crée des nus, des natures mortes, des paysages. Il crée trop abondamment pour réaliser chaque fois une œuvre de longue durée à travers le temps. Il lui vient la volonté d’être lent sur son effort, pour l’acheminer plus loin. Au maçonnage, il substitue la peinture des tons sur tons et des tons juxtaposés, sans épaisseur. L’aube se lève, il est déjà au pied de l’œuvre à créer. Le soleil monte à l’horizon; et, lui, Cézanne, le bon ouvrier, il guette la sève de la vie qu’il voit sourdre des entrailles profondes de la terre.
Source : Gutenberg

Gustave Coquiot Maurice Utrillo, V, (1925)

J'attends toujours d'Utrillo un chef-d'oeuvre. Si je suis déçu, je ne me jette pas la tête contre un mur. Demain, je serai satisfait, enthousiasmé. Il en est d'Utrillo comme de ces maîtresses qui ont des brusques retours d'amour, à vous casser les reins ; ou de ces pur sang qui, sages aujourd'hui et se laissant conduire par un enfant, vous obligent le lendemain à des prouesses d'équilibre et de pince. Avec Utrillo, on n'est jamais tranquille, jamais en repos absolu. Je vous le dis : toujours une surprise en deçà ou au-delà. Utrillo, peintre pour un système
nerveux développé ?
Source : Gallica

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