Gustave Coquiot

Résumé

Gustave Coquiot Des peintres maudits (1924)

Mais la vie palpite dans le plus petit coin de nature, dans l'arbre qui se nourrit à toute seconde de sa sève, dans la terre elle-même, qui vous semble inerte, et qui est sans trêve en enfantement.
Et c'est cela, le battement de la vie, qui reste la forte découverte de Vincent Van Gogh. Il l'a perçu partout ; il l'a exprimé partout, rageusement, intensément, même dans le moindre de ses croquis. Pas une ligne, pas un point, qui, chez lui, ne soient vivants. Il n'est pas un peintre venu de chez les morts ; il a brûlé sa propre vie au soleil de Provence
Source : Gallica

Gustave Coquiot Des peintres maudits (1924)

Vincent s'acharne. Il demande sans cesse de la couleur, des toiles. Il peint furieusement ; il sait que les pires catastrophes le menacent. Il peint tout affaibli de privations ; et cependant il enfante ure des plus merveilleuses œuvres picturales qui soient. Il monte, lui aussi, à son Golgotha ; il traîne comme une croix tout son pesant havresac de peintre ; mais, devant la toile, son cerveau redevient puissant, baigné de génie ; — et il se met à peindre.
Cette œuvre d'Arles ! Elle a touché à tout, à toutes les choses de la Terre. Vincent avait soif de peindre toute la vie.
Source : Gallica

Gustave Coquiot Des peintres maudits (1924)

« Daumier est un caricaturiste français, né à Marseille ! »
Ah ! c'est bien la peine d'être un peintre insigne, original, farci d'imagination, une sorte de visionnaire, un amoureux de tous sujets, un passionné de vie, d'amour, de révolte, pour voir accolée à son nom comme « monographie concise, mais caractéristique », cette sèche, bouffonne et presque déshonorante étiquette : «Caricaturiste ».
Sans doute, sans doute, Daumier fut, à ses débuts, un « caricaturiste », — puisque, niaisement, ô critiques d'art, vous voulez réunir dans le même troupeau Daumier, Gavarni, Forain indigne, etc.
Source : Gallica

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