“ C’est ce qu’a refait Rodin de nos jours par la force de sa volonté. Il suit du regard ses modèles ; il savoure silencieusement la beauté de la vie qui joue en eux ; il admire la souplesse provocante de telle jeune femme qui s’incline pour ramasser un ébauchoir, la grâce délicate de telle autre qui étire ses bras en soulevant sa chevelure d’or au-dessus de sa tête, la nerveuse vigueur d’un homme qui marche, et quand celui-ci ou celles-là donnent un mouvement qui lui plaît, il demande que cette pose soit gardée. ”
Auguste Rodin
Définition et enjeux
Auguste Rodin, sculpteur français du XIXe siècle, incarne la rupture avec l’académisme par une sculpture expressive, ancrée dans la naturalité et l’émotion. Ses œuvres, comme Le Bourgeois de Calais ou La Porte de l’Enfer, célèbrent l’interaction entre forme et lumière, marquant l’aboutissement du romantisme et de l’impressionnisme en art plastique.
Émile Bergerat souligne son admiration pour la nature, tandis que Gustave Coquiot le définit comme un « sculpteur païen » inspiré par l’observation du vivant. Rodin, dans ses écrits, insiste sur la nécessité de saisir le mouvement et la vie dans la matière, affirmant que l’art ne peut exister sans l’animation des formes. Son héritage, marqué par des coopérations et des ruptures stylistiques, résonne encore dans l’art moderne.
Citations sur “Auguste Rodin”
Gustave Coquiot, Le Vrai Rodin,... (1913)
“ M. Auguste Rodin, qui est un des organismes cérébraux les plus souples et les plus vibrants que je connaisse, curieux de tout ce qui vit et de tout ce qui pense, homme de méditation et d'observation profonde, est, avant tout, un sculpteur, et, disons-le hardiment, un sculpteur païen. J'entends qu'il n'a qu'un culte, parce qu'il n'a qu'un amour : l'amour et le culte de la nature. La nature est la source unique de ses inspirations, le modèle sans cesse consulté par où il cherche et atteint la perfection dans un art, difficile entre tous, auguste entre tous. ”
Auguste Rodin,
Les Cathédrales de France
“ Cette belle personne sent, je le vois, le mouvement, le gonflement de pensées qu’elle provoque, cependant qu’à son aspect la statue s’ébauche dans l’esprit de l’artiste. Il n’a pas pris de selle, il ne s’est pas installé ; mais n’avait-il pas appelé le modèle dans l’intention de travailler d’après lui ?... Ce bras l’a surpris, cette poitrine... Du reste, il avait déjà deviné la beauté. L’œil parcourt l’ensemble, les détails, puis revient au mouvement de très beau style remarqué tout d’abord, qu’il reconnaît dans sa grande expression et que décidément il étudie. ”
