Émile Bergerat,
Contes de Caliban
“ Nul ne peut se vanter de l'avoir vue une seule fois rire ou chanter au rouet, et non seulement depuis la mort d'Eyrnaud, mais même auparavant. Une ride, creuse comme une ornière, lui fait deux fronts sous un seul bonnet. Et ils ne savent pas, les gars, ils n'ont jamais su la cause de sa mélancolie. Eyrnaud non plus, ne l'a pas sue, le pauvre cher homme! Quand, de son vivant, il la surprenait les yeux perdus, l'ouïe tendue au bruit des chemins et l'âme toute hors du corps, il soupirait et lui disait:—A la fin des fins, Jacquemine, tu n'es donc pas heureuse? ”

