Résumé

Henri Godbarge Heckueyre ou Les débuts d'un artiste… (1949)

Il avait enfourché son dada favori : la critique d'art; et il ne s'arrêtait plus. Il oubliait l'heure, ses rendez-vous, tout au plaisir de s'écouter parler. Et Heckueyre entendait les éclats de voix : « Oui, en vérité, je vous répète que Carrière, ce grand artiste, s'est cristallisé en une formule dont il ne peut s'écarter... » Et il reprenait les biographies de tous les peintres qu'il avait prônés et qui l'avaient dressé eux-mêmes sur un
piédestal, qui lui avaient fait cortège et qui l'avaient aidé dans son ascension de beau parleur, d'ambitieux et de profiteur.
Source : Gallica

Henri Godbarge Heckueyre ou Les débuts d'un artiste… (1949)

Cette dure journée l'avait fatigué. Mais combien douce était pour lui cette fatigue ! Malgré sa confiance en soi beaucoup plus qu'en son étoile, il n'aurait jamais cru à pareille aubaine, en ce petit pays qu'il avait adopté, après ses rêves déçus à Paris, à son corps défendant, certes, enchanté du site, mais, d'autre part, inquiet sur le volume d'affaires à réaliser. Il éprouvait donc le besoin d'un moment de détente, de repos. Et, confortablement assis dans son fauteuil de travail,
il se remémorait, dans le silence, les incidents de la journée aussi bien qu'il analysait ses sensations.
Source : Gallica

Henri Godbarge Heckueyre ou Les débuts d'un artiste… (1949)

D'un an plus jeune, elle avait cette fraîcheur de teint de villageoise née de parents sains et bien nourrie pendant l'enfance. L'air intelligent, le regard vif et espiègle, elle n'avait nulle timidité en présence d'un jeune
homme. Bien au contraire, autant sa sœur était réservée, cherchait à s'effacer, autant elle paraissait, au contraire, rechercher les occasions de se montrer, de converser, de plaisanter.
Elle n'était pas, bien entendu, sans observer l'attitude de sa sœur et d'Heckueyre. Elle jetait des regards alternativement de l'un à l'autre.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature