Résumé

Th. Bentzon À travers Londres et aux environs

Vous glissez sous le Pont des Soupirs au son des barcarolles, — la musique aussi vient directement de Venise, — et les appels en patois vénitien s’échangent au-dessus des eaux noires où tremblent des feux ; les cartonnages ont des reflets de marbre, la lune blanchit la façade des palais. Tous les cockneys de Londres se flattent naïvement de goûter les délices des nuits vénitiennes, et, avec eux, on s’illusionne, non sans une certaine honte. Parodie, profanation, quelque chose comme la musique de Rossini entendue tout à l’heure dans l’électrophoner qui lui prêtait l’accent de Polichinelle.
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Th. Bentzon À travers Londres et aux environs

Le privilège commun à tous les citoyens de Hastings, c’est la longévité. Il n’y a pas de ville en Angleterre où la moyenne des décès soit moins élevée. On n’y meurt que de loin en loin à un âge extraordinairement avancé.
— Je le crois sans peine, dis-je à Miss Edwards, après une heure passée avec elle au Public Hall où a lieu un match d’échecs formidable. Il est évident que ces lents calculateurs sont sûrs d’avoir devant eux un temps de réflexion illimité, que la vie ne les presse pas, qu’elle leur promet des siècles de loisir pour poser judicieusement le pion suspendu entre leurs doigts.
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Th. Bentzon À travers Londres et aux environs

Le capital ne circule point en France comme en Angleterre ; c’est là une vertu et une faiblesse à la fois ; la plus large aisance ne nous préserve pas du culte de l’épargne ; pour nos ménagères, une économie bien déguisée est le suprême talent ; pour la maîtresse de maison anglaise une large hospitalité est le premier devoir. Les Anglais de la classe moyenne nous accusent de manquer singulièrement à ce devoir ; et il est certain que leur manière de tenir, d’un bout de l’année à l’autre, table et maison ouvertes, semble à beaucoup d’entre nous de la prodigalité.
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